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affiche Gone Girl

Gone Girl

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Un film de David Fincher ,
Avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris,

Genre : Thriller
Durée : 2H29
États-Unis

En Bref

Au matin de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick ne peut que constater la disparition de sa femme et une maison sens dessus dessous. Il donne immédiatement l’alerte pour retrouver son bel amour. La police ne déroge pas à son habitude et déclare que 80% de celles-ci sont dues à un membre proche de la famille. Nous effectuons le voyage en arrière autour de Nick criant son innocence et de preuves qui peu à peu s’accumulent. Alors est-il coupable ou non ?

Cette histoire commencée cinq ans plutôt sous la flèche de Cupidon, ce coup de foudre devenu passion n’aboutirait qu’au néant, à la mort. Nick devient le pire salaud de l’Amérique, une femme aimante et jolie croupit peut-être dans la noirceur de la terre, mangée par les vers de la haine. C’est l’assaut sur un homme se débattant pour crier son innocence, incompris ou manipulateur malin. Le jeu des manipulations, des mensonges, des trahisons, des faux- semblants entre dans la sarabande sans fin qui conduit peut-être au triomphe de la vérité.


Le spectateur est le premier manipulé par un réalisateur qui, depuis ses débuts, explore les apparences, le mensonge et la trahison avec d’autres thématiques. Nous retrouvons le capitalisme en 1999, Fight Club, les élites en 2010, The Social Network, la phobie sécuritaire avec Panic Room, les politiciens la série House of Cards. Pour des raisons que vous comprendrez en découvrant le film, nous resterons vague sur beaucoup d’éléments. Il s’inscrit en maitre du thriller comme Hitchcock était celui du suspense, dans un film tout en finesse aux nombreux rebondissements qui, à chaque fois, relancent le spectateur sur des fausses pistes pour un coup final digne du genre.

L’ouverture sur la disparition reste assez maligne. Elle ouvre déjà de multiples portes et pistes que le réalisateur ferme et ouvre tout au long du film. À chaque piste empruntée, nous pensons avoir raison, croire en notre pouvoir de déduction pour finir par avouer notre faiblesse et ouvrir une autre porte. Le ballet des médias sert à ravir la thématique principale de Fincher. Il interroge aussi sur la justesse de l’information et son influence dans un monde où tout file comme une comète errant sans but. Gone Girl est un coup de maître et un vrai plaisir de cinéma qui nous manquait depuis longtemps.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Fox vidéo

Bonus:

Commentaire audio du réalisateur

1- « Votre œuvre est marquée par la complexité. La complexité narrative mais aussi de l'âme humaine. Est-ce que vous pensez que le mariage est une complexité particulière ? »

« Oui absolument même si je ne sais pas si le film est tant sur le sujet du mariage que sur ses façades, ses apparences que nous créons pour séduire celui ou celle que nous pensons être la bonne personne. Cette personne que nous voulons garder à vie. Je crois que ce qui était absolument formidable dans le livre c'est la question qu'elle se pose : si cette personne que nous avons choisie n'est pas celle que nous croyons qu'elle est, y a-t-il une faille ? Si l'une des deux personnes décide qu'elle ne peut plus être celle qui devait être là quoiqu'il arrive... je crois que ces notions sont nouvelles dans mon cinéma. » (David Fincher)

2-  « Quand on tombe sur la mine d'or qu'est le livre, je suppose que l'on doit réagir très vite. Comment ça s'est passé pour bloquer les droits etc. ? »

« En fait c'est vrai que le livre est une mine d'or. Mais on m'a proposé de l'adapter au cinéma avant même que Gillian ait terminé la première version. » (David Fincher)

3- « Dans la première scène du film Ben Affleck offre à sa sœur un jeu « Mastermind » est-ce la clef de votre film ? »

« Je ne crois pas. Ce n'était pas une clef, ça ne voulait pas dire qu'il était une sorte de Mastermind, ce jeu n'est pas un indice de ce qui va venir dans le film mais un indice simplement d'un passé commun, très primitif. Et on voit très bien par la suite que Ben Affleck n'est pas aussi complexe que ça. » (David Fincher)

« Dès le départ, ce sont deux joueurs. Ils aiment vivre à 100 à l'heure, ce sont des créatures urbaines. Et en fait, dans le film, ce sont des partenaires de jeu et petit à petit, ils jouent non plus l'un avec l'autre mais l'un contre l'autre et on se demande qui va avoir le dessus sur l'autre. La question est finalement : comment en tant qu'actrice je peux rendre ce jeu le plus crédible possible. David nous a beaucoup aidés à naviguer à travers ce champ quelque peu miné. » (Rosamund Pike)

 

4- « Dans le roman noir traditionnel des années 40-50, tout se passait exclusivement entre l'homme et la femme. Dans ce film, il y a un troisième partenaire : les médias, l'opinion publique et justement j'ai la sensation que les deux personnages doivent alors jouer en tenant compte de ce troisième partenaire qui rend le dispositif du film moins classique qu'il n'y paraît. »

« Non, je crois que l'usage des médias ce n'est pas ce que j'ai voulu en faire. Aucune relation ne survivrait à cette mise en lumière absurde des médias. Quand je parlais des médias, je ne mentionnais pas CNN ou le New York Times par exemple, donc ce n'est pas un troisième membre de cette relation. C'est plutôt une façon de recontextualiser cette relation et de la rendre impossible et c'est en cela que les médias font partie de la narration. »

5- « Je voulais savoir, après avoir un fait un tel film, est-ce que vous vous êtes interrogé sur votre propre mariage ? »

« C'est vrai que je n'ai jamais pensé à élaborer un plan pour démembrer ma femme, soyons clairs. Mais je peux imaginer qu'en acceptant cette forêt qu'est le film, il y a trois niveaux finalement. Il y a celui du mystère, qu'est-ce qu'il se passe vraiment. Il y a le thriller de l'absurde, à partir du moment où l'on est dans la satire, on sait bien qu'il n'y a pas d'écho possible avec notre vie personnelle. Personne ne peut s'attendre à vivre ce que ce couple vit. Je crois que si l'on considère la carte de mon film, la seule façon peut-être de s'identifier c'est la dissonance entre le deal que l'on fait au début d'une relation et ce qu'il devient après plusieurs années de mariage. » (David Fincher)

« Merci d'avoir posé la question mais en ce moment je vis une relation qui va très bien. (Rires). En tout cas, lorsque l'on voit Gone Girl, on espère tous que l'on ne va pas vivre ce genre de situation. Il y a quelque chose de très subtil qu'a voulu montrer l'auteur sur la dynamique d'une relation. Il n'y a pas seulement le côté sinistre d'une relation, il y a aussi quelque chose de léger, une version du personnage de la femme plus cool. Je crois que David met en lumière le thème central : le narcissisme culturel qui est très présent, surtout aux USA, dès l'enfance d'ailleurs. On apprend aux enfants à avoir des attentes extraordinaires sur leur vie future, on leur dit qu'ils sont uniques, spéciaux, je crois que c'est vraiment le thème central. » (Rosamund Pike)

6- « David Fincher est réputé pour être très exigeant avec ses acteurs. Quel a été le processus pour que vous deveniez l'actrice principale du film ? Combien de kms avez-vous fait pour le rencontrer ? »

« Il y a à peu près 8000 km entre Glasgow et Saint Louis où était David, c'était un sacré challenge de le rencontrer mais le jeu en valait la chandelle.

C'est vrai que David a une approche très clinique des films, il est vraiment dans le détail. Lorsqu'on arrive sur le tournage on comprend toutes les nuances qu'il y a dans les scènes, David amène toujours des éléments qui sont tout à fait inattendus, c'est pour cela que c'est toujours intéressant de revoir ses films. Il injecte toujours des choses pour nous décontenancer et nous apporter également un plaisir fou. »  (Rosamund Pike) 

7- « Vous nous laissez imaginer un crime pendant plusieurs minutes et ensuite vous choisissez de nous en montrer un, pourquoi avoir choisi de le filmer de cette façon-là, avec tant de sang ? »

« C'est vrai que je ne pensais pas vraiment rester dans le conceptuel, il fallait montrer ce dont elle était réellement capable. Il fallait que le public comprenne bien la réelle nature de cette victime.» (David Fincher)

 Interview réalisée par Patrick Van Langhenhoven retranscrit par Sarah Lehu  corrigée par Françoise Poul

    Titre original : Gone Girl

    Réalisation : David Fincher

    Scénario : Gillian Flynn, d'après son roman Les Apparences (Gone Girl)

    Direction artistique : Sue Chan

    Décors : Donald Graham Burt

    Costumes : Trish Summerville

    Photographie : Jeff Cronenweth

    Montage : Kirk Baxter

    Musique : Trent Reznor et Atticus Ross

    Production : Leslie Dixon, Bruna Papandrea et Reese Witherspoon

    Sociétés de production : Pacific Standard et New Regency Pictures

    Sociétés de distribution : 20th Century Fox (USA), Twentieth Century Fox France (France)

    Budget : 50 000 000 $

    Pays d'origine : États-Unis

    Langue originale : Anglais

    Format : couleur 35 mm

    Genre : Thriller

    Durée : 145 minutes

    Dates de sortie :

        Drapeau des États-Unis États-Unis : 26 septembre 2014 (festival du film de New York) ; 3 octobre 20141 (sortie nationale)

        Drapeau de la France France : 8 octobre 20142

Distribution

    Ben Affleck (VF : Jean-Pierre Michaël) : Nick Dunne

    Rosamund Pike : Amy Dunne

    Missi Pyle (VF : Valérie Nosrée) : Ellen Abbott

    Tyler Perry : Tanner Bolt

    Neil Patrick Harris : Desi Collins

    Scoot McNairy : Tommie

    Boyd Holbrook : Jeff

    Lee Norris : l'officier Washington

    Carrie Coon : Margo Dunne

    Kathleen Rose Perkins : Shawna Kelly

    Patrick Fugit : inspecteur Jim Gilpin

    Sela Ward (VF : Caroline Jacquin) : Sharon Scheiber

    Emily Ratajkowski : Andie Hardy3

    Kim Dickens : inspecteur Rhonda Boney

    Casey Wilson (VF : Nathalie Karsenti) : Noelle Hawthorne

    Lola Kirke : Greta

    David Clennon : Rand Elliott