Cine-Region.fr
affiche Gatsby le magnifique

Gatsby le magnifique

___

Un film de Baz Luhrmann,
Avec Leonardo DiCaprio , Tobey Maguire, Carey Mulligan,

Genre : Drame psychologique
Durée : 2h23
États-Unis

En Bref

Avant même d’être confirmée, l’idée d’adapter le best-seller de F. S. Fitzgerald, Gatsby le Magnifique version bling bling avait su faire parler d’elle et surtout susciter à la fois l’impatience et l’appréhension. Publié en 1925, le roman n’avait alors fait que peu de remous pour devenir culte par la suite. Près d’un siècle plus tard, nous revoilà pour sa troisième adaptation au cinéma avec une relecture résolument clinquante et moderne signée Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Roméo + Juliette). Faute de déchainer les foules, le monument de la littérature classique transformé en mélo étourdissant ne laisse assurément pas indifférent.

 Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges.

 Après une bonne première demie heure d’une intro indigeste, débauche d’effets visuels et sonores qui accompagnent l’arrivée de Nick chez les bourgeois de Long Island, le film se pose finalement et nous explique précisément ce qu’il en est. C’est d’ailleurs l’une des priorités de Luhrmann, qui coécrit le scénario avec son collaborateur de toujours Craig Pearce, de faire un effort de clarification des enjeux, de rendre la lecture du personnage de Gatsby plus limpide et accessible, au risque par moment d’en extraire tout le mystère et l’ambiguïté. Mais le but ultime est de rendre palpable la tragédie fondamentale de l’homme. Si palpable qu’elle va aller jusqu’à désenchanter quelque peu les fêtes spectaculaires et garder le spectateur à l’écart des festivités, comme contemplateur, blasé, attendant autre chose, à l’image de l’hôte.

  La mise en scène n’est pas innocente non plus dans l’histoire. Son parti prix démonstratif préfère les mouvements de caméra grandiloquents, parfois clipesques, surtout vertigineux, le montage cut, les plans iconiques à gogo qui ont tendance à faire l’effet inverse, annihiler l’impact et le sensationnel. Hyperactif et clinquant donc, le film s’autorise quelques prises de liberté formelles extravagantes dans la fantasmagorie et le kitsch assumé de ses motifs, appuyées par une 3D survitaminée discutable. Un carnaval d’arabesques folles qui donne l’impression malencontreuse d’être distrait par de l’esbroufe et des effets de manche, pour en sortir une légitimité.


Avant même d’être confirmée, l’idée d’adapter le best-seller de F. S. Fitzgerald, Gatsby le Magnifique version bling bling avait su faire parler d’elle et surtout susciter à la fois l’impatience et l’appréhension. Publié en 1925, le roman n’avait alors fait que peu de remous pour devenir culte par la suite. Près d’un siècle plus tard, nous revoilà pour sa troisième adaptation au cinéma avec une relecture résolument clinquante et moderne signée Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Roméo + Juliette). Faute de déchainer les foules, le monument de la littérature classique transformé en mélo étourdissant ne laisse assurément pas indifférent.

 Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges.

 Après une bonne première demie heure d’une intro indigeste, débauche d’effets visuels et sonores qui accompagnent l’arrivée de Nick chez les bourgeois de Long Island, le film se pose finalement et nous explique précisément ce qu’il en est. C’est d’ailleurs l’une des priorités de Luhrmann, qui coécrit le scénario avec son collaborateur de toujours Craig Pearce, de faire un effort de clarification des enjeux, de rendre la lecture du personnage de Gatsby plus limpide et accessible, au risque par moment d’en extraire tout le mystère et l’ambiguïté. Mais le but ultime est de rendre palpable la tragédie fondamentale de l’homme. Si palpable qu’elle va aller jusqu’à désenchanter quelque peu les fêtes spectaculaires et garder le spectateur à l’écart des festivités, comme contemplateur, blasé, attendant autre chose, à l’image de l’hôte.

  La mise en scène n’est pas innocente non plus dans l’histoire. Son parti prix démonstratif préfère les mouvements de caméra grandiloquents, parfois clipesques, surtout vertigineux, le montage cut, les plans iconiques à gogo qui ont tendance à faire l’effet inverse, annihiler l’impact et le sensationnel. Hyperactif et clinquant donc, le film s’autorise quelques prises de liberté formelles extravagantes dans la fantasmagorie et le kitsch assumé de ses motifs, appuyées par une 3D survitaminée discutable. Un carnaval d’arabesques folles qui donne l’impression malencontreuse d’être distrait par de l’esbroufe et des effets de manche, pour en sortir une légitimité.

Pourtant, l’aspect fondamentalement dramatique du récit est plutôt bien traité, passée cette caméra toute-puissante. Luhrmann n’essaie pas de réécrire l’histoire ni même de se démarquer franchement de la version Redfordienne. Il cherche surtout à apporter de la substance à son personnage principal. Son parcours personnel nous est ainsi expliqué à travers quelques flashbacks, son rôle et l’origine de sa fortune peu subtilement soufflé par des personnages qui le harcèlent au téléphone et le cheminement de sa quête clairement pointé du doigt, le belle Daisy. La bonne idée réside dans le fait de placer ses personnages dans l’espace.

  La géographie sentimentale tire de beaux effets et symboles grâce à la jetée qui les sépare et la balise verte qui illumine la propriété de la belle, comme hypnotique, symbole de la distance qui hante Gatsby et de l’espoir de retrouvailles.

Fait sur le même modèle que Moulin Rouge —un écrivain paumé qui raconte une histoire d’amour dont il a été témoin—, l’entreprise déroule son fil sans embuches grâce à la force des sentiments, fantasmatiques mais bien réels, exposés avec retenue. L’histoire d’amour s’inscrit sans mal dans le contexte historique particulier et trouve toute sa résonnance dramatique dans le clivage de l’époque d’après première guerre mondiale. Ce constat foncièrement défaitiste, ancré dans son époque, finit d’ailleurs par brider le cinéaste dans une ambiance d’un autre âge qui peine à trouver écho aujourd’hui. C’est bientôt toute l’équipe qui sera gagné par cette mélancolie générale.

 Gatsby le Magnifique ou plutôt DiCaprio le Magnifique

Moins charmeur et hot que Redford en son temps, Leonardo DiCaprio est vraisemblablement la grande force du métrage. Entre espérance et désillusion, la profondeur du jeu de l’acteur ne dénote jamais avec un naturel salvateur dans l’interprétation d’un Gatsby vulnérable, au plus près de ses sentiments. Du texte sombre et mélancolique, DiCaprio en tire toute son intensité, à mi-chemin entre la névrose de son personnage dans Aviator et la folie de Shutter Island. Empli de son univers scorcesien, Dicaprio n’abuse pas d’effets d’attitude pour ressusciter les traits juvéniles du premier amour ni pour durcir les traits du mélo et de la désillusion. En face, la crédulité de Carey Mulligan fait pâle allure mais colle plutôt bien à son rôle de femme tiraillée et fragile. Et ca lui permet de recycler sa mono-expression exécutée dans Drive. Quant à Tobey Maguire, il traine avec lui un spleen et un regard vide bien loin de ce que son personnage est censé apporter au récit.

Après un accueil mitigé aux Etats-Unis, Baz Lurhmann vient défendre son Gatsby le Magnifique à l’occasion de l’ouverture du festival Cannes. Un film résolument impressionnant dans sa forme et honnête dans son fond qui rend au cinéma toute sa magie et son enchantement.

Eve BROUSSE

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Warner vidéo

Bonus uniquement en BR:

"La magnificence de Gatsby"
Le tour du plateau avec Tobey Maguire
Les différentes musiques de Gatsby
Scènes coupées avec fin alternative
"Une petite fête n'a jamais tué personne"
"Le clinquant" : la mode des années 20
La poésie de Fitzgerald portée à l'écran
"Gatsby révélé"
Bande-annonce de "Gatsby le magnifique" (1926)