On se retrouve d’abord face à un générique rétro de dessin animé loufoque. Hoffman, qui n’en est pas à son galop d’essai, affiche la couleur dés le début avec cette ouverture à la fois moderne qui fait écho aux comédies des années 60. Le ton est donné pour le reste du métrage. La fresque cartoonesque se poursuit sur un twist scénaristique bien connu des frangins Coen, une sorte de flash forward (de facile 10min) annonçant la façon dont le plan est censé se dérouler. Si le flip devait bien rendre sur papier, Hoffman nous renvoi dans l’action présente sans crier gare et clôt ainsi une intro plutôt maladroite.
S’en suivent les pérégrinations de nos trois escrocs pour mener à bien leur arnaque. Presque tout du long, le métrage se joue du décalage entre les événements prévus et leur déroulement effectif et de la réunion balisée de trois personnages que tout oppose qui doivent pactiser le temps d’une intrigue. Le ressort comique ne trouve ensuite guère de raisonnance que dans quelques quiproquos bien amenés, les incontournables clichés sur les anglais et une touche d’humour pipi-caca. Hors, le réel intérêt du film ne se joue pas forcément là ni d’ailleurs dans son rythme ou son punch, il y en a peu. Mais plutôt dans le charme désuet qui en émane, à l’image de Colin Firth, son dandy subordonné. Dans ce genre de comédie, le casting est presque aussi déterminant que le scénario et à ce jeu, le couple Colin Firth/Cameron Diaz ne s’impose pas comme une évidence. Pourtant, voir l’acteur oscarisé troquer son statut de roi pour un rôle bouffon/séduisant qui passe un quart du film sans pantalon est la vraie bonne idée du casting. Son flegme légendaire fait des ravages dans ce rôle à contre-emploi comique où il se joue de maladresses et de quiproquos. En face, Cameron Diaz semblait être le choix logique pour interpréter cette cow-girl texane à l’accent à couper au couteau. Pourtant, l’actrice fait la plouc comme mon genou et adopte un jeu parfois lourdingue qui pointe du doigt son enthousiasme à jouer la vulgarité. En marge, Alan Rickman nudiste se complait dans l’aigreur machiavélique de Shahbandar. A l’arrivée, chaque comédien met le paquet pour développer son personnage mais finit par cabotiner seul dans son coin sans jamais faire d’étincelles à l’unisson.
A la fois surprenant et prévisible, Gambit, arnaque à l’anglaise a plus l’étoffe de la petite farce à l’anglaise, trop inoffensive, que de la comédie 60’s à l’image de Comment voler un million de dollar de William Wyler. Ne reste que l’ébauche de ce qui aurait pu être un grand film. A voir à l’occasion.
Eve Brousse
Bonus : Les coulisses du tournage (8' - VOST) Autour du film (VOST) Bandes-annonces Liens Internet