Elle perd tout à cause de lui. Finies les maisons de la haute, les soirées dans les villas chic, et la vie rêvée des gens sans soucis d’argent. Son mari se trouve en prison et elle l’attend, silhouette floue dans un monde qui tourne sans elle. Il a purgé sa peine. Elle retrouve celui qu’elle aimait. Il est difficile de reprendre une vie ordinaire quand on côtoyait les feux du soleil à s’y brûler. Elle tente tout pour reprendre le contrôle de la barque, avancer vers l’horizon, ne pas faiblir.
Suite à un accident ou une tentative de suicide, elle se rend chez un jeune psychiatre pour faire le ménage dans son esprit. Elle souhaite juste mettre fin à cette déchéance, à cette vie qui ne lui appartient plus, qui file comme l’eau de la rivière entre les doigts. Pendant un temps, tout semble aller mieux, un médicament miracle, l’Ablixa, lui redonne le goût de vivre. Un soir inconsciente, manipulatrice ou sous l’effet du médicament, elle commet l’irréparable. Elle tue de plusieurs coups de couteau son mari.
Qui est coupable ? Crime prémédité, effets secondaires du médicament, comme tout le laisse croire ? Le miracle se transforme en enfer, désolation. Quelqu’un doit payer. Le jeune psy, responsable du traitement, les labos pharmaceutiques ou elle ? Il faut bien un coupable et cela ne sera pas facile à trouver. Si tout l’accuse, rien ne prouve sa responsabilité, son implication volontaire dans le meurtre. Jon Banks, psychiatre ambitieux s’aperçoit qu’il est peut-être le bouc émissaire d’un piège. La bataille commence entre deux esprits forts, l’issue en sera fatale.
Au panthéon de ces femmes manipulatrices et retorses, entre la vamp et la veuve noire, Steven Soderbergh, rajoute une nouvelle figure, la folle pas si folle. Rooney Mara, Millenium version US et Les amants du Texas, compose un portrait tout en fragilité, plein de douceur. Comme le dit ma grand-mère, femme d’expérience, on leur donnerait le bon dieu sans confession. Comme à son habitude, il s’empare du genre pour le malaxer et le transformer à sa façon. Dans la lignée de Contagion sur la paranoïa d’un virus, l’équipe nous propose, derrière les lobbies pharmaceutiques et leur tendance à jouer les apprentis magiciens, un polar fourbe et classe.
Nous retrouvons le jeu des fausses pistes, des indices à double sens, accompagnés par la désynchronisation du son et de l’image, le clair obscur et l’image léchée qui se distend pour mieux nous prendre au piège du récit. La première partie est un petit bijou de manipulation machiavélique et d’un puzzle où les pièces peuvent s’emboiter dans plusieurs endroits. Dans la seconde, nous peinons un peu dans une enquête prétexte à un finale qui nous laisse sur le carreau, sonnés pour de bon. Comme dans Girlfriend Experience, Contagion, Piégée, Magic Mike, nous retrouvons un travail sur le corps dans une seconde lecture. Effets secondaires prouve une fois de plus que Soderbergh glisse toujours sa patte, même dans un projet plus basique.
Patrick Van Langhenhoven
Bonus : Featurette (HD - 2'52" - VOST) 2 faux spots TV des antidépresseurs du film (HD - 1'44" - VOST) Bandes-annonces ARP Sélection (HD - VF/VOST)
Si les bonus manquent à l’appel, la partie technique reste irréprochable. L’image est d’une grande stabilité et présente une définition excellente.
Deux pistes DTS-HD Master Audio 5.1 VF et VOST participent à l’enveloppement dans l’ambiance poisseuse du film, meilleur en VOST, la VF présente des dialogues plus secs.