Au loin, le bruit des canons résonne, le fracas des armées comme deux titans face à face s’entend jusqu'aux portes de la capitale. Dehors, la rue bouge, les ruisseaux de pavés se couvrent du sang des victimes. La peur quitte les recoins, s’émancipe de l’ombre et du silence. Les enfants soldats invisibles s’élancent, dressent des barricades. C’est la fête à la liberté, Paris n’est plus en colère, comme le chantera plus tard la rue libérée. Aux portes, les chars grondent et les armées se pressent, dont celle du général Leclerc et ses rats du désert. Ils se hâtent pour arriver les premiers et ouvrir la route à la longue cohorte venue de Normandie. Au cœur de Paris, la bête ne tremble pas. Elle s’imagine encore fière et inassouvie, gagnée par la folie de sa démesure !
Elle pense encore que la guerre n’est pas perdue, ses enfants arrivent de Germanie, de Croatie ! Une autre chanson, les loups quitteront Paris. Pour l’heure, elle œuvre pour le dernier râle, les feux d'artifice qui glaceront le monde d’effroi. La dernière folie, elle n’en est plus à une près. Les hommes du général Von Choltitz (Niels Arestrup), Grand Gouverneur de Paris, s’affairent, posent les derniers explosifs. Quand la liberté rentrera dans les murs de la cité, quand son chant envahira les rues, Paris ne sera plus ! La tragédie se boira jusqu'à la lie. Les chœurs antiques entonneront des chants de mort et non de victoire, la capitale d’un certain art de vivre, plus belle que Berlin ne lui fera plus d’ombre. Le fou gagne la dernière manche, la faucheuse peut l’emporter, les monuments qui faisaient rêver les touristes, les arts, la population et la majorité de la ville sombreront dans le grand chaos de néant et de mort. Le nuage s’élèvera plus haut que la tour de Babel. Il reste une nuit, une paire d’heures sur l’aile du temps pour que tout ceci rejoigne la légende. Une nuit pour décider un homme, qui n’hésite pas à raser une ville, Rotterdam, aveugle dans son obéissance.
Au loin, le bruit des canons résonne, le fracas des armées comme deux titans face à face s’entend jusqu'aux portes de la capitale. Dehors, la rue bouge, les ruisseaux de pavés se couvrent du sang des victimes. La peur quitte les recoins, s’émancipe de l’ombre et du silence. Les enfants soldats invisibles s’élancent, dressent des barricades. C’est la fête à la liberté, Paris n’est plus en colère, comme le chantera plus tard la rue libérée. Aux portes, les chars grondent et les armées se pressent, dont celle du général Leclerc et ses rats du désert. Ils se hâtent pour arriver les premiers et ouvrir la route à la longue cohorte venue de Normandie. Au cœur de Paris, la bête ne tremble pas. Elle s’imagine encore fière et inassouvie, gagnée par la folie de sa démesure ! Elle pense encore que la guerre n’est pas perdue, ses enfants arrivent de Germanie, de Croatie ! Une autre chanson, les loups quitteront Paris. Pour l’heure, elle œuvre pour le dernier râle, les feux d'artifice qui glaceront le monde d’effroi.
La dernière folie, elle n’en est plus à une près. Les hommes du général Von Choltitz (Niels Arestrup), Grand Gouverneur de Paris, s’affairent, posent les derniers explosifs. Quand la liberté rentrera dans les murs de la cité, quand son chant envahira les rues, Paris ne sera plus ! La tragédie se boira jusqu'à la lie. Les chœurs antiques entonneront des chants de mort et non de victoire, la capitale d’un certain art de vivre, plus belle que Berlin ne lui fera plus d’ombre. Le fou gagne la dernière manche, la faucheuse peut l’emporter, les monuments qui faisaient rêver les touristes, les arts, la population et la majorité de la ville sombreront dans le grand chaos de néant et de mort. Le nuage s’élèvera plus haut que la tour de Babel. Il reste une nuit, une paire d’heures sur l’aile du temps pour que tout ceci rejoigne la légende. Une nuit pour décider un homme, qui n’hésite pas à raser une ville, Rotterdam, aveugle dans son obéissance.
Une nuit pour qu’il épargne la cité des poètes et des amoureux. C’est ce que tente le consul suédois Nordling (André Dussolier), une partie d’échecs où la vie ou la mort d’une capitale reste l’enjeu. Au départ, il existe une pièce de théâtre éponyme signée Cyril Gély. André Dussollier et Niels Arestrup interprétaient déjà les deux acteurs principaux. Ils la joueront plus de 200 fois. Tout naturellement, ce passif se ressent sur leurs rôles respectifs. Le réalisateur Allemand du Tambour, Palme d’or à Cannes en 1979 et l'Oscar du Meilleur film étranger en 1980 donne toute la démesure de cette tragédie dans une mise en scène inspirée. Il signe ici son vingt-huitième film. Il installe les évènements que nous connaissons en jouant sur les détails et la mise en œuvre des dernières heures, minutes, secondes cruciales. Dans la réalité, le vrai Von Choltitz dira qu’il avait compris qu’Hitler était fou, mais lui, le réalisateur, nous offre une autre version, s’appuyant sur la réalité d’une transaction qui dure quinze jours. Il la condense en une nuit d’une partie d’échecs où chacun avance ses pions, ses mensonges et ses vérités pour contrer l’adversaire. Niels Arestrup campe un homme en lui donnant un reste d’humanité. Il nous rend le personnage sympathique, acculé par un pacte antique. Il évite la carte du monstre trop facile, moins inquiétante que celle d’un type normal basculant dans la folie du nazisme.
Le monstre n’est pas le diable venu des enfers pour manger les braves gens. C’est un salopard qui est un père, un mari, un fils. Il montre combien certaines bascules laissent les démons habiter leur corps et leur âme. Car derrière son jeu, nous sentons tout ce que cache cet être abominable qui rasa une ville. Face à lui, un homme de paix, humaniste qui tente de faire fléchir la bête, d’éviter le pire. Il joue sur son désarroi, sa folie, ses mensonges, une certaine empathie. Les deux acteurs dans ce huis-clos, cet enfermement, cette prison annonçant la mort d’une ville, utilisent le moindre geste, regard pour renforcer la partie cruciale. Il suffit de presque rien pour que la situation bascule d’un côté comme d’un autre. Le spectateur connaît pourtant la fin et malgré lui, est emporté dans ce questionnement : « Paris brule-t-il ? » Il se laisse mener par le bout du nez, tremble, respire. L’autre point que dénonce Volker Schlöndorff, c’est la folie d’un régime et de son leader qui, dans les derniers instants, ne perçoit plus la réalité.
Emporté par celle-ci, il ne comprend pas qu’il a perdu. Emporté par sa jalousie pour une ville qui faisait de l’ombre à son Berlin de mille ans, il ne pense qu’à une chose, détruire ce qui le gêne. Il n’a aucune notion de ce passé qu’il détruit, de cet art qu’il efface à tout jamais. Paris ne doit pas faire de l’ombre à Berlin. Un Berlin en ruines, couvert de décombres, c’est ce que sera Paris. Dans ce dernier instant se retrouve toute la pensée monstrueuse du nazisme. Dans une nuit, c’est toutes ces années, les camps, la folie des grandeurs, la démesure, ce raz-de-marée qui finit par emporter les fous au pays d’Hadès. C’est peut-être ce que dénonce le réalisateur. Nous retrouvons à la production le duo Marc de Bayser et Frank Le Wita.
Ils signent ici leur cinquième collaboration en tant que producteurs après Une minute de silence de Florent Emilio Siri en 1998, Charmant garçon de Patrick Chesnais en 2000, L'autre Dumas de Safy Nebbou en 2009 et Insoupçonnable de Gabriel Le Bomin en 2010. Diplomatie s’appuie sur des faits réels, des rencontres se sont effectivement déroulées entre Raoul Nordling et le général von Choltitz. Il n’existe actuellement aucune information permettant d'affirmer ce que les deux hommes ont pu se dire. Le film imagine donc ce qui s'est passé entre eux et ouvre un champ de possibilités sur les scénarios envisageables. Les événements de Diplomatie rappellent le film Paris brûle-t-il ?, de René Clément. Celui de Volker Schlöndorff se concentre sur la rencontre entre les deux dirigeants, le film de Clément se focalisait davantage sur l'histoire des différents protagonistes et leur implication dans les événements en train de se dérouler pendant la Libération de Paris.
Patrick Van Langhenhoven
Bonus:
Making of (26')
Bande-annonce
Réalisation : Volker Schlöndorff
Scénario : Volker Schlöndorff et Cyril Gély d'après sa pièce
Direction artistique : Jacques Rouxel
Décors : Philippe Turlure
Costumes : Bettina Marx
Photographie : Michel Amathieu
Son :
Montage :
Musique : Jörg Lemberg
Production : Marc de Bayser, Frank Le Wita; Amelie Latscha, Felix Moeller (co-producteurs)
Sociétés de production : Film Oblige, Arte, Blueprint Film et SWR
Distribution Gaumont
Pays d’origine : France/ Allemagne
Langue : Français
Format : Couleur - 35mm
Genre : Film historique
Durée : 88 minutes
Distribution
Niels Arestrup : le général Dietrich von Choltitz
André Dussollier : Raoul Nordling
Burghart Klaußner : Hauptmann Werner Ebernach
Robert Stadlober : Lieutenant Bressensdorf
Jean-Marc Roulot : Jacques Lanvin
Stefan Wilkening : Caporal Mayer
Thomas Arnold : Lieutenant Hegger
Charlie Nelson : Le concierge
Lucas Prisor : Soldat SS