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affiche Des gens qui s’embrassent

Des gens qui s’embrassent

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Un film de Danièle Thompson,
Avec Eric Elmosnino, Lou de Laâge, Kad Merad, Monica Bellucci,

Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h40
France

En Bref

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine »

 Les amours c’est comme les saisons, ça bouscule le baromètre de la vie. Prenez l’histoire de Zef, musicien. Il vient de perdre son unique amour à New York et le rapatrie au mariage de la fille de son frère. Roni, lui, explose de bonheur. Sa fille a enfin trouvé l’élu de son cœur et s’apprête à fonder une famille. Pendant ce temps, Noga, la fille du premier, le cœur en peine s’éprend d’un inconnu croisé dans le train. Melita, noyée dans le bonheur, arrange les derniers détails du grand jour. Zef débarquant avec son cercueil et sa foi dans le judaïsme n’y changera rien. Ce jour-là ne sera pas celui de la tristesse pour Roni et sa famille. Ils se séparent, le cœur tendu. Pour des raisons différentes, chacun reprendra sa route. Noga remplace sa mère dans l’orchestre et tente d’oublier ce bel inconnu. Melita, bientôt mère, devra s’échapper des futilités, de la vie légère de fille de riches. Le temps rattrape bientôt tout ce petit monde, à Saint-Tropez, ou  de nouveau le hasard, cet espiègle lutin farceur, brouille les cartes !

 Danièle Thompson nous offre une nouvelle comédie chorale après un long parcours de scénariste avec des classiques du cinéma comme La grande vadrouille, Les Aventures de Rabbi Jacob. Elle décide de passer à la réalisation avec La bûche et dernièrement le remarqué Fauteuils d’orchestre. Nous retrouvons les thématiques qu’elle affectionne, l’amour, la religion, le métier d’artiste et l’argent. Elle déploie tout son savoir-faire pour une comédie mineure, mais agréable, éclairée de bons moments. Chaque personnage trouve sa partition et le moment où il brille dans la lumière.  Nous découvrons la révélation d’un jeune acteur de 90 ans, le violoniste Ivry Gitlis, en vieillard atteint de la maladie d’Alzheimer, espiègle surprenant.


Nous pourrions éclairer les mauvais côtés de cette comédie comme certains de mes collègues, acclamant des navets et fustigeant des films qui n’ont d’autre prétention que de vous faire passer un moment agréable. Certes Danièle Thompson joue un air qu’elle maitrise bien. Et alors ? Reproche-t-on au chef d’orchestre de jouer un bon morceau ? Elle joue, comme c’est le principe de la comédie chorale, sur plusieurs registres à la fois dans ses figures et dans ses thématiques. D'abord, l’amour où, pour une fois, la fin prend un autre tournant que celui habituel des cris et de la fureur. Le hasard joue un rôle important, que ce soit dans la vie et la mort, il semble guider notre vie comme si rien n’était dessiné sur le sable, mais jeté comme graine au vent. Dans la galerie qu’elle déploie, aux allures de déjà-vu, c’est dans le détail, le petit rien, que nous trouverons la différence. Un frère marqué par la religion, bouffé par sa pratique du divin en oubliant la chose essentielle, vivre. Un autre, tout aussi extrême dans un autre genre, celui des plaisirs et de l’argent facile.

Au milieu, un vieil homme que la maladie commence à ronger, mais qui n’aura jamais été aussi près de la réalité. Ainsi, par petites touches, elle oppose aux poncifs des images moins conventionnelles, comme la maladie d’Alzheimer, plus vue comme une liberté de penser dans ses débuts que comme l’horreur suprême de la mémoire effacée. Elle joue sur la rencontre du hasard qui, comme dans les comédies de ses mentors devient le petit truc qui relance l’action. X connaît-elle la vérité et comment le cacher à Y qui l’adore. Elle n’en creuse pas le fond et reste souvent sur l’écume de la vague, mais le tout prend forme et consistance. Monica Bellucci n’est pas l’imbécile de service, mais plutôt cette femme légère, futile, de la comédie italienne, capable de prendre un bain dans une fontaine. Il faut donc se méfier des jugements faciles, à l'emporte-pièce. Il y a un regard sur la vie, l’amour, la famille et la mort qui n’est pas inintéressant. Un deuil permet à chacun d’avancer, comme si ce moment difficile nous ramenait à nous-mêmes pour mieux nous interroger sur ce que nous devons faire de notre vie. Je crois, sans trop me tromper, que lorsque nous perdons un être cher, le monde s’effondre, semble ne plus avoir d’avenir.

Puis une flamme se rallume, nous interpelle, nous souffle à l’oreille que la vie est belle et pleine d’amour. L’amour, l’autre thématique que Danièle Thompson décline sur tous les tons dans toutes les partitions comme un hymne à la vie que ce grand-père représente dans sa finalité. Quand il ne reste plus qu’une chose avant que le temps n’efface tout, rire et se saouler des soleils de la vie. Quant à la montre offerte, c’est comme cette comédie chorale, il faut regarder derrière l’arbre qui cache la forêt. Le grand-père horloger offre une Rolex au bébé. Vous pouvez l’interpréter à la Séguéla, comme un signe de richesse ou comme le lien avec le passé et le travail bien fait. Le dialogue précédent sur le grand-père devenu riche par la force de son savoir-faire et de son travail nous ramène à la seconde. C’est l’idée que le travail peut aussi amener à la richesse. Il faut donc lire entre les lignes de cette comédie sympathique, sans autre prétention que vous faire passer un bon moment. Si vous aimez les comédies comme le chant choral, ne vous en privez pas.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres :
Edition : Pathé vidéo

Bonus: aucun