Pour son dixième film, peut-être la plus grave de ses comédies, Pierre Salvadori ( Les apprentis, Comme elle respire, ou le plus récent Hors de prix) réunit deux acteurs à priori aux antipodes : la magnifique et toujours aussi bonne actrice Catherine Deneuve et Gustave Kervern, l'ancien trublion du Groland, devenu auteur, réalisateur et acteur de films-ovnis dans le spectre du cinéma français.
Cette rencontre se passe dans une petite cour d'un immeuble parisien où ils vont apprendre à se connaître.
Antoine (Gustave Kervern) est musicien mais il est surtout vidé de toute envie, le film démarre sur sa fuite lors d'un concert. Il part sans laisser de trace et se retrouve chez Pôle emploi, à chercher des petits boulots tranquilles où il pourra se terrer et se faire oublier du monde.
Il finit par postuler à un poste de gardien d'immeuble d'une petite co-propriété et malgré son peu de qualification et son côté pataud, se fait embaucher par Mathilde (Catherine Deneuve) et son mari Serge (Féodor Atkine), un couple de jeune retraités.
Au début perdu dans les tâches à accomplir, Antoine s'habitue à cette routine et aux curieux habitants de l'immeuble : un voisin obsédé par les règles et l'ordre de l'immeuble, un drogué, ancien footballeur professionnel reconverti dans la revente de vélos volés, un membre actif d'une secte venu squatter la cave de l'immeuble...
Antoine est déprimé mais semble s'en accommoder jusqu'à ce qu'il fasse la rencontre d'une autre âme à la dérive, sous les traits inattendus de Mathilde qui va transformer son regard sur les choses.
Pour son dixième film, peut-être la plus grave de ses comédies, Pierre Salvadori ( Les apprentis, Comme elle respire, ou le plus récent Hors de prix) réunit deux acteurs à priori aux antipodes : la magnifique et toujours aussi bonne actrice Catherine Deneuve et Gustave Kervern, l'ancien trublion du Groland, devenu auteur, réalisateur et acteur de films-ovnis dans le spectre du cinéma français.
Cette rencontre se passe dans une petite cour d'un immeuble parisien où ils vont apprendre à se connaître.
Antoine (Gustave Kervern) est musicien mais il est surtout vidé de toute envie, le film démarre sur sa fuite lors d'un concert. Il part sans laisser de trace et se retrouve chez Pôle emploi, à chercher des petits boulots tranquilles où il pourra se terrer et se faire oublier du monde.
Il finit par postuler à un poste de gardien d'immeuble d'une petite co-propriété et malgré son peu de qualification et son côté pataud, se fait embaucher par Mathilde (Catherine Deneuve) et son mari Serge (Féodor Atkine), un couple de jeune retraités.
Au début perdu dans les tâches à accomplir, Antoine s'habitue à cette routine et aux curieux habitants de l'immeuble : un voisin obsédé par les règles et l'ordre de l'immeuble, un drogué, ancien footballeur professionnel reconverti dans la revente de vélos volés, un membre actif d'une secte venu squatter la cave de l'immeuble...
Antoine est déprimé mais semble s'en accommoder jusqu'à ce qu'il fasse la rencontre d'une autre âme à la dérive, sous les traits inattendus de Mathilde qui va transformer son regard sur les choses.
Vous l'aurez compris, Dans La cour sous ses airs de comédie dépeint avant tout un mal-être de plus en plus fréquent : la dépression. Difficile d'en trouver les raisons et encore plus difficile d'en sortir lorsque l'on analyse notre environnement quotidien fait des brèches du passé et de la peur des fêlures à venir.
Antoine est déprimé de longue date, Mathilde qui était jusqu'alors active (nous la voyons pendue à son téléphone lors de sa première apparition à l'écran) s'enfonce peu à peu dans des angoisses irréelles qui lui font perdre pied. Angoisse de la vieillesse ? Du temps qui passe et ne laisse que de vagues souvenirs trompeurs... nous ne saurons jamais vraiment qu'elle est la cause de tout ce mal-être mais Mathilde, incomprise, se réfugie peu à peu dans la petite loge d'Antoine.
Et alors qu'on pouvait présager d'une idylle entre la femme délaissée par son mari et l'ancien rockeur à la dérive, c'est avant tout une belle amitié qui naît entre les deux. Ayant à coeur de se soutenir dans ce moment difficile, chacun cherche en l'autre des raisons d'oublier son malheur.
Tourné presque en huis-clos dans cette cour, centré sur ces deux personnages, le film parvient miraculeusement sans offrir de grands rebondissements dramatiques à fonctionner.
La force tient dans les dialogues soignés, dans cette recherche de compréhension qui peu à peu naît de ce joli duo de personnages qui fait oublier les petites lacunes du film. On regrettera en effet que le florilège de personnages secondaires ne soient pas mieux exploités et ne servent pas qu'à justifier les moments comiques.
Le coeur du film manque un peu d'intentions mais est heureusement rattrapé par une dernière partie poignante où la symbolique de la fissure dans le mur de l'immeuble qui obsède Mathilde prend tout son sens. Le film de Pierre Salvadori, au travers de ses deux personnages pose la question de l'effondrement du mental. Comment soutenir une personne qui s'enfonce dans la mélancolie ? Dans la cour traite ce sujet grave d'une jolie façon, sans fioriture et sans sombrer dans le mélodrame.
Sarah Lehu
Bonus:
Entretien avec Pierre Salvadori (29')
Scènes coupées (15')
Bande-annonce
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