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affiche Confident royal

Confident royal

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Un film de Stephen Frears ,
Avec Judi Dench, Ali Fazal, Eddie Izzard,

Genre : Biographique
Durée : 1h52
Royaume-Uni

En Bref

1887 l’Inde est officiellement sous la coupe des Anglais depuis 29 ans. Une délégation indienne doit se rendre en Angleterre pour le jubilé de la reine Victoria. La première confrontation avec Sa Gracieuse Majesté et la cour se place sous le signe du protocole carré et rigoureux, en un mot chacun à sa place. On ne regarde pas Sa Majesté dans les yeux. Remarqué par la reine, Abdul Karim le grand devient peu à peu le confident de la douairière. Il lui enseigne un peu d’écriture arabe et beaucoup d’histoire du tapis. La vie n’est-elle pas comme un tapis que l’on tisse fil à fil ? Le petit grogne et souhaite retourner au pays, ce monde n’a rien à lui offrir. Victoria apprécie beaucoup Abdul.

Il désire rester auprès de cette reine qui l’impressionne. Entre l’exotisme et la rigueur de la cour s’ébauche un dialogue entre deux continents. Derrière l’apparat, les fioritures du monde, se cache la solitude profonde d’une vieille femme au bout de la piste. « Regardez-moi, une vieille dame impotente et prisonnière » lui confie Victoria. Vous n’êtes plus un serviteur, mais mon « Munshi » enseignant. C’est un conseiller spirituel. Ce qui déplaît fortement aux aristocrates de la cour et à Bertie, prince de Galles, son fils. Il apporte à cette vieille femme prisonnière de la tradition, que le monde craint, un air de liberté. La sincérité et la naïveté d’Abdul brisent la rigidité de la bienséance et soufflent un vent de vérité. Elle impose sa présence jusqu’à sa mort, contre la volonté de tous qui essaient de détrôner cet étranger dans le cœur de la reine.


« L’amour est le tout dont nous ne sommes que des parties. »

C’est d’abord un regard sur la royauté et ses arcanes que porte Stephen Frears, comme pour The Queen. C’est un moyen d’aborder de nombreuses thématiques que l’on retrouve tout au long de son œuvre. C’est une critique du colonialisme triomphant considérant les autres peuples comme des sauvages. Nous pouvons aussi le prendre pour une satire des ambitieux, l’ascension et la chute d’un individu, un regard sur la société, une tragédie de la vie, le racisme. Dans cette histoire, il adoucit le portrait d’Abdul, plus arrogant mais laisse planer le doute sur la sincérité de ses ambitions. La reine Victoria n’est pas non plus innocente dans cette relation. L’histoire lui prête une romance avec un de ses serviteurs. Le film peut apparaître comme un plaidoyer pour la compréhension et l’harmonie avec l’autre. C’est une façon de lutter contre le racisme et les idées reçues. La reine comprend bien plus vite que tous ces vieux aristocrates que leur monde est sur la fin. Elle est plus subtile et cherche le rapprochement entre les deux nations.

Dans ce monde de petits racistes, elle impose sa volonté et combat l’ostracisme. Ils tenteront la mesure extrême, la déclarer aliénée pour imposer leur volonté de petits bourgeois, de nobles étriqués de la pensée. Elle supporte mal qu’on la prenne pour une vieille femme sénile. Une fois de plus, elle montrera pourquoi elle est la reine Victoria au règne le plus long. Des petits aux plus grands, The Snapper, The van, Philomena, The Queen, The program, Florence Foster Jenkins, c’est à chaque fois une étude de la société, s’accompagnant de la tragédie de la vie. Philomena et Confident Royal portent le même regard sur deux femmes, toutes deux admirablement jouées par Judi Dench, sur la douleur d’une vieille femme prisonnière d’une certaine tradition. Stephen Frears utilise l’humour comme arme pour combattre cette vision d’un monde qui ignore qu’il vit ses dernières heures. 14/18 marque la fin des empires et annonce en filigrane peut-être le début de la chute des colonies.

Nous voyons aussi un homme du peuple, un humble, accéder au pouvoir, côtoyer les plus grands pour finir par être chassé comme un malpropre. C’est aussi le regard échangé par les uns et les autres, au sein de la société, mais aussi de la famille, le mépris de Victoria pour ses enfants. Il est étonnant que cette relation, attestée par les carnets de la reine et d’Abdul soit encore aujourd’hui remise en cause. Elle disait. « J’apprends quelques mots d’hindoustani pour parler à mes serviteurs. Cela m’est d’un grand intérêt, à la fois pour la langue et les gens, car je n’étais naturellement jamais réellement entrée en contact avec eux auparavant ». Stephen Frears s’appuie sur des faits historiques pour nous inviter à regarder l’autre sans le craindre. 

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


    •       Titre original : Victoria & Abdul

    •       Titre français : Confident Royal

    •       Réalisation : Stephen Frears

    •       Scénario : Lee Hall, d'après le roman Victoria & Abdul de Shrabani Basu

    •       Photographie : Danny Cohen

    •       Musique : Thomas Newman

    •       Montage : Melanie Oliver

    •       Producteur : Tim Bevan, Eric Fellner, Beeban Kidron et Tracey Seaward

    •       Société de distribution : Focus Features

    •       Pays d'origine : Royaume-Uni,  États-Unis

    •       Format :

    •       Budget :

    •       Genre : biographique • historique

    •       Durée : 4 octobre 2017

Distribution

    •       Judi Dench : la Reine Victoria

    •       Ali Fazal : Mohammed Abdul Karim

    •       Eddie Izzard : Bertie, Prince de Galles

    •       Tim Pigott-Smith : Sir Henry Ponsonby

    •       Adeel Akhtar : Mohammed

    •       Simon Callow : Giacomo Puccini

    •       Michael Gambon : Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil

    •       Julian Wadham : Alick Yorke

    •       Olivia Williams (VF : Anne Rondeleux)  : Jane Spencer

    •       Fenella Woolgar : Miss Phipps

    •       Jonathan Harden : Guillaume II