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affiche Comme un avion

Comme un avion

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Un film de Bruno Podalydès,
Avec Bruno Podalydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain,

Genre : Comédie
Durée : 1h45
France

En Bref

Tout Homme a dans sa tête « un vieux rêve auquel je te demande de croire », selon la formule de Michel à sa femme. Le Bruno Podalydès réalisateur confirmé et reconnu met en scène le Bruno Podalydès acteur naïf et encore rêveur, dans une crise de cinquantaine, le temps d’une autofiction en kayak. « Comme un avion sans ailes » chantait CharlÉlie Couture. Il s’agit d’une balade, « comme un avion sans elle » plutôt, ou comment un passionné d’aviation décide de partir seul dans un road movie mais sur un… avion sans ailes, un kayak !

Ce point de départ va être l’ancrage de multiples aventures pour cet homme, une petite odyssée qui ne va pas le mener loin : juste dans une petite auberge, théâtre de son renouveau, théâtre de ses fantasmes.

 Bruno Podalydès truste le premier rôle de son film, celui de Michel - qu’il confiait souvent à son frère Denis, son patron dans ce film. En grand héros, un peu passif - ce qu’il justifie habilement - libéré et touchant, il nous mène dans ses rêveries à travers ce défi de rejoindre la mer en kayak. Ce défi n’est qu’un prétexte de son départ, lui qui ne veut pas concrétiser ses rêves - ceux d’aviation. Il cherche une issue à son ennui sans y croire lui-même et misant tout sur le matériel.


 Menant en effet une vie posée, avec un travail un brin ennuyeux et avec une femme lumineuse et attentionnée (Rachel, jouée par Sandrine Kiberlain), le voilà parti dans la réalisation de ce tableau champêtre, oscillant entre réalisme et envolées poétiques, le tout dans une certaine inaction pas déplaisante. Le film n’use pas d’artifices, simple comme l’eau qui coule, le film est une ode à la jouissance des petits plaisirs, à la rupture du quotidien, au bonheur. Podalydès capte cela à merveille. C’est un ressourcement thérapeutique pour Michel comme pour nous, un appel de la nature contre ces nouvelles technologies, omniprésentes dans la vie comme au cinéma - raison du départ, dénouement de l'intrigue...

Bashung chantait Vénus, comme un appel à la déesse. Sa déesse, sa Pénélope est Rachel. Les mythes sont souvent modernisés, adaptés à leur temps et les aventures du personnage évoquent évidemment un Ulysse et son Ithaque - souvent présents dans le cinéma français contemporain - on pense au sublime et récent Desplechin, Trois souvenirs de ma jeunesse. Ici plus soft encore, l’Ulysse contemporain est monsieur tout-le-monde, pris dans les bras de Circé et ne pouvant s’en débarrasser.

Ce film puise sa force dans la contemplation, dans les bonheurs doux et élégants. Pas de voix-off mais sa propre voix, se parlant et rendant le spectateur complice de cette escapade. Comme un avion est un film rafraichissant, avec celle qui illustre le mieux ce courant en ce moment : Vimala Pons - aperçue dans le très réussi Vincent n’a pas d’écailles notamment ou encore La Fille du 14 juillet. En jeune femme perdue se contentant d’une vie modeste et éphémère, mais entourée de belles personnes, elle illustre ce retour à la nature, cette envie de la jeunesse d’avoir pour seule ambition le bonheur et non l’argent. La troupe qui entoure Podalydès insuffle des caractères différents, du côté maternel et apaisant d’Agnès Jaoui, à l’apparition furtive mais hilarante de Pierre Arditi, mais également Michel Vuillermoz. On se sent bien là-bas.

L’humour justement, comme dans ses précédents opus, est l’essence du film, la finesse permettant à la comédie de s’enchainer entre légèreté et épicurisme. L’intelligence de cet humour décalé est d'être corrélé systématiquement à des moments plus dramatiques - qui ne le sont du coup plus vraiment…  Cela permet de faire fleurir le leitmotiv du film en douceur dans nos esprits. Mais à force de s’appuyer sur cela, le récit peut pêcher quand l’humour s’essouffle, notamment peu après la moitié du film, en opposition à cette ambiance détendue et épanouissante.

L’âge n’est plus une tare et les personnages le savent. De raison à passion, il n’y a qu’un pas et cette auberge, ce petit jardin d’Eden, pourrait n’être que le bonheur imaginaire du personnage. C’est l’idée qu’il se fait du bonheur, un petit saut avant de revenir à la réalité nécessaire. En effet ses fantasmes seraient ce coin de paradis où il aurait le choix entre la jeunesse fougueuse mais éphémère et la force de l’âge attentionnée et aimante. C’est une fable à la française, toujours plaisante même si elle n’atteint pas des sommets de réflexion, où la mélancolie trouve refuge dans la quête du bonheur.

 Clément SIMON

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format BD-50
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants)Français Dolby Digital 5., 2.0
Sous-titres : aucun
Edition : UGC Vidéo

Bonus:

Scènes coupées
Making of photos / vidéo
Titres du film
VRP du kayak
Guide de survie du parfait kayakiste

Réalisation : Bruno Podalydès

Scénario : Bruno Podalydès

    Image : Claire Mathon

    Montage : Christel Dewynter

    Son : Laurent Poirier, Nicolas Moreau et Cyril Holtz

    Décors : Guillaume Deviercy

    Costumes : Dorothée Guiraud

    Société de production : Why Not Productions et France 3 Cinéma

Distribution

     Bruno Podalydès : Michel

    Agnès Jaoui : Laetitia

    Denis Podalydès : Rémi

    Jean-Noël Brouté : Damien

    Michel Vuillermoz : Christophe

    Vimala Pons : Mila

    Sandrine Kiberlain : Rachelle

    Pierre Arditi : Sosie de Pierre Arditi