Enfin ! Jennifer Aniston, la pimpante Rachel de la série Friends, abandonne les comédies grand public à l'eau de rose pour se dévoiler sans maquillage et sans brushing...
Celle que l'on croyait cantonner à des rôles sans saveur livre dans Cake, une prestation émouvante.
Drame intimiste, le long métrage de Daniel Barnz prend corps à la frontière mexicaine où Claire Bennett (Jennifer Aniston) vit recluse dans une grande maison avec pour seule compagnie sa femme de ménage Silvana (Adriana Barraza).
Divorcée et dépressive, Claire peine à cacher son mal-être tant physique (elle souffre d'atroces douleurs suite à un accident de la route) que psychologique. Endeuillée, elle préfère se réfugier dans la colère et les médicaments plutôt que de poursuivre le chemin tortueux de la vie.
Le sujet de Cake est lourd, pas franchement réjouissant et pourtant, il transpire du film des images d'une certaine poésie certainement rendue possible par les couleurs douces des images et l'atmosphère brouillon dans laquelle se complaît Claire.
Omniprésente à chaque plan du film, Jennifer Aniston parvient à rendre son personnage complexe : fort et faible à la fois, ce qui donne à Claire du corps et nous donne l'envie de la suivre dans son parcours vers la guérison physique et mentale.
La relation qui la lie à sa femme de ménage est intéressante. Silvana joue à la mère mais aussi à l'ennemie avec Claire, souhaitant son bien avant tout.
Cake est avant tout un film de femme, jouant sur la sensibilité et sur la dimension psychologique, Daniel Barnz peint un portrait complexe des différents deuils auxquels est confrontée Claire (deuil de son fils, de son mariage, de son amie, de sa jeunesse...) mais semble parfois s'y perdre.
Brouillon dans sa première demi-heure, le film peine à trouver son mode de fonctionnement. Ne rien dire ou trop en dire sur l'histoire de Claire ? Finalement, comme par peur de faire trop conventionnel, la narration se perd et tire des ficelles (l'ex mari, la vie de Silvana) qui ne sont pas exploitées et donnent une sensation d'inachevé.
Cake est imparfait mais c'est également ce qui le rend intéressant et intriguant, permettant à une actrice de se dévoiler et à Daniel Barnz de s'ancrer dans la réalisation.
Sarah Lehu
Titre original : Cake
Réalisation : Daniel Barnz
Scénario : Patrick Tobin
Décors : Joseph T. Garrity
Direction artistique : Brittany Bradford
Costumes : Karyn Wagner
Montage : Kristina Boden et Michelle Harrison
Musique :
Photographie : Rachel Morrison
Son :
Production : Ben Barnz, Mark Canton, Kristin Hahn, Courtney Solomon, Jennifer Aniston et Shyam Madiraju
Sociétés de production : Cinelou Films et We're Not Brothers Productions
Sociétés de distribution :
Budget :
Pays d’origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur
Genre : Drame
Durée : 98 minutes
Distribution :
Jennifer Aniston : Claire Bennett
Adriana Barraza (VF : Brigitte Virtudes) : Silvana
Anna Kendrick (VF : Karine Foviau) : Nina Collins
Sam Worthington : Roy Collins, le mari de Nina
Mamie Gummer : Bonnie
Felicity Huffman : Annette
William H. Macy : Leonard
Chris Messina (VF : Alexis Victor) : Jason Bennett, l'ex mari de Claire
Lucy Punch : l'infirmière Gayle
Brittany « Britt » Robertson : Becky
Paula Cale : Carol
Ashley Crow : Stephanie
Manuel Garcia-Rulfo : Arturo
Camille Guaty : Tina
Allen Maldonado (VF : Namakan Koné) : Buddy
Camille Mana (en) : l'infirmière Malaya
Julio Oscar Mechoso : Dr Mata, le pharmacien
Evan O'Toole : Casey Collins
Pepe Serna (en) : Nuncio
Lizzie Peet : Gail
Misty Upham : Liz
Rose Abdoo (en) : Innocencia
Alma Martinez (en) : Irma