Tout commence avec Marc et Rebecca, un soir de solitude ordinaire quand on ne sait pas quoi faire de sa vie et du spleen que joue le vieil air de l’habitude. Cela démarre par une adresse volée, une maison fracturée, des bijoux, des objets dérobés. Ils s’accrochent aux apparences au luxe, aux désirs clinquants comme les clochettes aux toits des temples agitées par le vent. Devenir l’instant d’un soupir dans l’atmosphère des demeures, un ersatz de star - Paris Hilton, Orlando Bloom ou Rachel Bilson…-
l’argent facile, qui achète l’apparence aux noms des marques de styles. Ne plus être l’anonyme, le passant perdu dans la foule, noyé dans la cohue. Cette jeunesse tourbillonnante jetée au cœur de l’ignorance ressemble à un ballon de baudruche rouge s’envolant haut dans le ciel. Qui finit par se dégonfler. Le jeu devient sport, le soir se transforme en recommencement, en cambriolages qui s’alignent comme pour construire un rêve de perles, un trésor de l’île aux pirates. Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson, leurs victimes, s’affichent sur les couvertures glacées des magazines où le monde tourne sans raison comme la voiture au début de Somwhere.
On ne construit rien sur le néant, le désœuvrement, on ne trouve que la perdition, le clinquant, le brillant des ors aux âmes fades. Marc, Rebecca, Sam, Nicki finiront par se perdre à jamais dans ce jeu du gendarme et du voleur. Une porte de trop, une image invisible, des caméras infra rouges ramène tout ce monde à l’ombre.
Sophia Coppola examine le même thème, depuis Virgin Suicides où déjà des jeunes filles ne trouvaient pas le sens de leur vie. Elles finissaient par sortir de la route. Nous pourrions faire un parallèle sur ces deux groupes d’adolescentes. Elles finissent par en arriver au suicide de leurs existences. Chez les premières, il existait toute une réflexion sur le monde, nous étions dans les années 70.
Tout commence avec Marc et Rebecca, un soir de solitude ordinaire quand on ne sait pas quoi faire de sa vie et du spleen que joue le vieil air de l’habitude. Cela démarre par une adresse volée, une maison fracturée, des bijoux, des objets dérobés. Ils s’accrochent aux apparences au luxe, aux désirs clinquants comme les clochettes aux toits des temples agitées par le vent. Devenir l’instant d’un soupir dans l’atmosphère des demeures, un ersatz de star - Paris Hilton, Orlando Bloom ou Rachel Bilson…-
l’argent facile, qui achète l’apparence aux noms des marques de styles. Ne plus être l’anonyme, le passant perdu dans la foule, noyé dans la cohue. Cette jeunesse tourbillonnante jetée au cœur de l’ignorance ressemble à un ballon de baudruche rouge s’envolant haut dans le ciel. Qui finit par se dégonfler. Le jeu devient sport, le soir se transforme en recommencement, en cambriolages qui s’alignent comme pour construire un rêve de perles, un trésor de l’île aux pirates. Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson, leurs victimes, s’affichent sur les couvertures glacées des magazines où le monde tourne sans raison comme la voiture au début de Somwhere.
On ne construit rien sur le néant, le désœuvrement, on ne trouve que la perdition, le clinquant, le brillant des ors aux âmes fades. Marc, Rebecca, Sam, Nicki finiront par se perdre à jamais dans ce jeu du gendarme et du voleur. Une porte de trop, une image invisible, des caméras infra rouges ramène tout ce monde à l’ombre.
Sophia Coppola examine le même thème, depuis Virgin Suicides où déjà des jeunes filles ne trouvaient pas le sens de leur vie. Elles finissaient par sortir de la route. Nous pourrions faire un parallèle sur ces deux groupes d’adolescentes. Elles finissent par en arriver au suicide de leurs existences. Chez les premières, il existait toute une réflexion sur le monde, nous étions dans les années 70.
Chez les dernières le monde se résume aux images des stars sur les couvertures des magazines, une vie d’apparences et de luxe sans consistance. Entre temps, elle tourne Marie-Antoinette, presque le lien entre Virgin Suicide et Bling Ring, une jeune femme perdue dans les fêtes au cœur d’un monde qui s’effondre et qui finira par devenir une femme forte au cœur de la tourmente. C’est bien la thématique de la réalisatrice avec l’inadaptation s’inscrivant pour la forme dans le cinéma de son père tout en s’en émancipant. Comme lui, elle possède le sens du symbolique, de l’image travaillée, comme nous le lui faisions remarquer lors de notre première rencontre.
Elle utilise tous les styles d’images pour servir son récit, Facebook, caméra de surveillance, Smarphone. Les jeunes font leur marché dans ce grand magasin représenté par les appartements de luxe. Les images, les mots, les sons, les enchaînements de plans nous livrent le même message sur cette adolescence perdue. Peut être que Last Translation échappe à la règle, et encore ! Nous retrouvons une jeune fille perdue en quête d’identité, d’existence. Il n’existe pas une ligne de trop dans ce dernier film, la répétition des cambriolages qui malgré tout varient imperceptiblement pour qui sait voir, montre ce néant ou s’enferme les jeunes. Comme dans les contes, en poussant la première porte, ils se condamnent.
Tous les ors et les bijoux ne les satisferont jamais. Ils se perdent dans la quête de cette image qui n’est pas la leur, que le miroir ne leur renverra jamais. Ils parlent autant de la jeunesse américaine sacrifiée qui perd le sens du rêve américain et ne voit que le néant à l’horizon. C’est un message universel, quel avenir pour une jeunesse qui à l’inverse des jeunes filles de Virgin Suicides ne voit rien pointer à l’horizon ? Elles se raccrochent aux seules divinités que le monde expose sur les couvertures des magazines, les stars des reality shows, étoiles filantes vouant un culte à la futilité. Nous trouvons deux parties, la première s’envole file, joue sur l’insouciance, puis bascule dans une forme plus sombre, en deuxième partie, le moment ou ces jeunes s’amusent, inconscients, avec le revolver.
C’est peut-être ici que s’arrête le monde de l’adolescence, celui des choix de vie, cette frontière entre l’enfance et l’adulte. Sophia Coppola a trouvé elle un but, une route à suivre, le cinéma, et tant mieux pour nous. Bling Ring confirme tout le bien que nous pensons d’elle depuis le début où, rare journaliste, nous nous intéressions à cette jeune fille et à son film, Virgin Suicides. Elle n’a pas changé et creuse le même sillon, la même question sous des angles différents au sens propre comme au figuré. Cela s’appelle bâtir une œuvre. Deux petites précisions à certains critiques, Marie Antoinette ne prétend pas à véracité historique. C’est une métaphore sur une jeune adolescente aux portes de l’âge adulte qui prend le monde comme une fête permanente.
Quant à la profondeur des personnages de Bling Ring, ils n’en possèdent point, car leur vie est comme ces stars qu’ils souhaitent singer, vide de sens. C’est tout le thème secondaire du film, cette société ou trône le reality show, un grand vide inconsistant. Sophia Coppola saisit donc une fois de plus avec justesse une fragrance de notre société.
Patrick Van Langhenhoven
Bonus : Making of (23') Bande-annonce (VF/VOST)