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affiche The Best Offer

The Best Offer

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Un film de Giuseppe Tornatore ,
Avec Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Sylvia Hoeks,

Genre : Thriller
Durée : 2h11
Italie

En Bref

Virgil Oldman, vieux marchand d’art misanthrope aux multiples manies, passe son temps entre la salle des ventes où il officie en maître du marteau et sa villa. Le reste du temps, quand il n’estime pas les œuvres de familles aisées au passé prestigieux sous forme de tableaux, meubles ou autres objets, il se cloitre seul dans sa maison, dans son cabinet secret. Sur le mur s’étalent les visages des femmes immortalisées par les peintres de toutes les époques. Ce sont les figures d’un amour saisi sur la toile que le temps ne peut effacer.

C’est ici qu’il accède à la seule relation avec la gent féminine, aucune histoire d’amour physique n’embellit ou ravit le cœur de notre homme. Comme si le corps ressemblait à une citadelle imprenable ou impossible à toucher. D'ailleurs, il porte une paire de gants, ne touchant que la matière noble des œuvres d’art. Il n’hésite pas. Pour accroitre sa collection avec l’aide d’un vieux complice peintre sans talent, ils détournent certaines œuvres pour augmenter sa collection ou leur pécule.

La vie de Virgil se trouve bousculée par une mystérieuse inconnue. Elle lui demande d’estimer un héritage, avec toutefois une condition. Il ne doit jamais la voir. Il ne communique avec la belle qu’à travers une porte close, ignorant tout de cette énigmatique voix. C’est en franchissant la marge, en ouvrant la boite de Pandore qu’il transforme sa vie et celle de sa cliente. Mais comme dans les contes, il existe des portails qu’il ne faut jamais pousser sous peine de franchir le Styx.


Giuseppe Tornatore renoue avec une de ses thématiques habituelles, ce qui est visible et ce qui ne l’est pas. C’est aussi l’artificiel, le falsifié, l’authentique, le vrai, le mensonge et la vérité. Le film, dans une mise en scène assez classique, explore ces pistes à travers l’amour, l’art et les relations au monde. Virgil comme Claire refusent de se confronter à la société extérieure. Le premier place un masque entre lui et les autres avec ses manies et sa tendance à la solitude et la misanthropie. Claire traine une vieille blessure au fond de son âme et cache son rapport au monde dans sa claustrophobie. Elle ressemble à ces nonnes recluses, refusant de voir le monde.

Elle se concentre uniquement sur l’écriture de ses romans. Son espace physique se trouve réduit à une pièce. Il représente peut-être en écho l’espace intérieur réduit de Virgil. Nous remarquerons que tous les deux s’épanouissent dans l’art, écriture et peinture. L’univers du film joue des apparences, ce qui se voit, ce qui est, ce qui se dit. Le spectateur doit être attentif aux détails pour trouver la clef du récit avant l’heure. Le film lorgne vers Hitchcock, Danny Boyle et Trance, Laurent Bartilla Ce que mes yeux ont vu, dans une certaine mesure, Peter Greenaway La ronde de nuit. Il puise aussi son inspiration dans la littérature gothique, Poe en particulier.

 Dans son estimation, il trouve les pièces d’un automate, datant du XVIIe siècle. Nous retrouvons le faux et le vrai. A l’époque, on s’interrogeait, falsification avec un nain dissimulé dans la machine ou horlogerie magique des rouages mécaniques. De la même façon, il renvoie à la mécanique de son cœur ou la sincérité des sentiments. Jusqu'à cette rencontre avec la belle inconnue, la femme ne possède comme réalité pour lui que ses tableaux aux murs. Ils évoquent peut-être cet amour plus que platonique, de l’image sans doute d’un imaginaire féminin ineffable et fantasmé. Il finit par le trouver dans cette voix mystérieuse.

Elle résonne peut-être en lui comme le marteau qui frappe la cloche et éveille le son de cette figure féminine secrète. La séduction, le jeu de charme se font à travers une porte en trompe l’œil, une voix, un visage, une silhouette. Est-ce que, comme lui dit son ami, l’amour peut être falsifié ? Le film nous renvoie sur le ring de nos sentiments quand portons-nous les masques, jouons-nous un jeu ? Quand la vérité est- elle notre chant pour séduire la belle, la sincérité est-elle toujours de mise ? Nous retrouvons les mêmes questions sur les tableaux ou objets que doit estimer notre homme. Est-ce que, comme le lui dit Claire, « Il y a toujours une touche d’authenticité dans toute contrefaçon ». The Best Offer démarre comme une quête amoureuse, sociale ce qui n’est pas pour nous déplaire et s’achève comme dans un polar noir.

 Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français
Edition : Aventi


•            Titre original : La migliore offerta

            •            Titre français : The Best Offer

            •            Réalisation : Giuseppe Tornatore

            •            Scénario : Giuseppe Tornatore

            •            Direction artistique : Maurizio Sabatini

            •            Décors : Raffaella Giovannetti

            •            Costumes : Maurizio Millenotti

            •            Photographie : Fabio Zamarion

            •            Montage : Massimo Quaglia

            •            Musique : Ennio Morricone

            •            Production : Isabella Cocuzza et Arturo Paglia

            •            Sociétés de production : Paco Cinematografica ; Warner Bros. (coproduction)

            •            Sociétés de distribution :  Warner Bros.

            •            Pays d’origine :  Italie

            •            Langue originale : anglais

            •            Format : couleur - 2.35 : 1 - Dolby numérique - 35 mm

            •            Genre : drame

            •            Durée : 131 minutes

            •            Distribution

            •            Geoffrey Rush (V. F. : Patrick Floersheim) : Virgil Oldman

            •            Jim Sturgess (V. F. : Donald Reignoux) : Robert

            •            Sylvia Hoeks (V. F. : Élisabeth Ventura) : Claire

            •            Donald Sutherland (V. F. : Bernard Tiphaine) : Billy

            •            Philip Jackson (V. F. : Richard Leblond) : Fred

            •            Dermot Crowley (V. F. : Jean-Pierre Gernez) : Lambert

            •            Liya Kebede (V. F. : Karl-Line Heller) : Sarah