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affiche Au revoir là-haut

Au revoir là-haut

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Un film de Albert Dupontel ,
Avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h57
France

En Bref

   Nous sommes en 1918, la fin de la guerre est imminente. Sur le front les soldats attendent que sonne le glas de cette boucherie. Le lieutenant Pradelle est en manque, pour un héros une fin de guerre est une défaite. Il envoie en reconnaissance deux pauvres types qui tombent sous les balles ennemies. Il n’en faut pas plus pour ranimer la rage des petits pioupious à quelques heures de l’armistice. En s’élançant une dernière fois sous le chant des canons et de la mitraille, Albert Maillard un brave type découvre une vérité lourde à porter. Son pote Édouard Péricourt laisse une partie de sa mâchoire dans cet ultime regain de folie. De retour au pays, après la valse des hôpitaux, les gueules cassées témoignent de leurs douleurs et de la folie d’une guerre annonçant la fin d’une époque. On n’hésite pas dans ce marasme sans nom à basculer dans l’infâme.

Maillard vole de la morphine pour soulager son compagnon de misère. Il persiste de retour à Paris en dérobant leurs doses à de pauvres éclopés sans défense. Dans la foulée on donne le nom des morts aux vivants pour que l’oubli les efface de la mémoire de leurs proches. C’est ainsi que par un subterfuge Péricourt change d’identité et disparaît dans la masse des morts pour la patrie. La guerre ne leur a pas fait de cadeau. Bien décidés à prendre leur part du gâteau, nos deux compères montent une arnaque aux monuments aux morts. Le lieutenant Pradelle ne fait pas mieux en s’empiffrant sur le dos des disparus grâce à un trafic de cercueils. Une sœur pleure son frère et la sombre valse des petits riens de l’existence se transforme en une tragédie. Tout ce micmac finira bien par exploser et laisser une trace où la nausée fera vaciller les cœurs.


Albert Dupontel trouve dans le roman de Pierre Lemaitre Au revoir là-haut la matière à explorer ses thématiques préférées sur l’humanité. Il nous enchante par une mise en scène baroque, pleine d’inventivité, moins cartoonesque et BD que les précédentes. Il semble porté par son sujet, de la scène d’ouverture dans les tranchées - la séquence où Maillard survit grâce à la tête d’un cheval, jusqu’au final, cette chute dans l’abîme de Péricourt. C’est d’abord l’absurdité d’une guerre jusqu'à sa fin. Les personnages vont de l’infâme Pradelle avec son trafic de cercueils, son envie de puissance, n’hésitant pas à toutes les bassesses immondes pour réussir. Dupontel stigmatise les profiteurs de tout poil qui après la guerre se bâtissent des fortunes sur le dos des pauvres types, hier comme aujourd’hui. C’est aussi la différence de classe et la fraternité des cœurs dans l’âme des jours de ténèbres. Péricourt et Maillard sont liés par bien plus que le nom ou la famille.

C’est la fureur des batailles, d’avoir survécu à l’enfer qui les unit. Ils monteront eux aussi un petit trafic qui rapporte beaucoup. Ils profitent de la vague des monuments aux morts pour monter une combine qui rapporte gros. Nous en voulons à Pradelle de profiter de la misère des corps perdus sous la terre. Nous applaudissons à la revanche de nos deux héros sacrifiés aux intérêts des puissants. Cette Elle devient la nôtre sur ses bourgeois engraissés annonçant le temps des révoltes à venir. Péricourt ne pourra se perdre dans ces fêtes baroques où les masques cachent l’identité de chacun. Elles annoncent la belle époque où la foule se saoule d’espérance pour oublier la fin d’un monde et l’aube nouvelle. C’est aussi les gueules cassées avec la blessure de Péricourt. Il préfère dissimuler sa souffrance sous un masque et s’évanouir dans l’aurore nouvelle quitte à en mourir.

C’est la recherche d’un père pour retrouver un fils perdu et lui dire combien il l’aime, et combien il s’était trompé. C’est déjà le choix de nos routes et non plus celui que l’on nous impose. Le film brasse toutes ces thématiques et bien d’autres sans jamais se perdre. Au contraire, il les transcende pour les ramener aux questionnements de notre époque. Derrière ses allures d’hier c’est bien sur aujourd’hui que le réalisateur pose un regard critique, sur un monde à la frontière entre deux époques. Depuis Bernie Albert Dupontel n’en finit pas de nous interroger sur notre humanité, atteignant avec Au revoir là-haut le sommet de son art. Le spectateur pourra prolonger son plaisir avec le roman de Pierre Lemaitre, et la bande dessinée de Christian Metter aux éditions Rue de Sèvres.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
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Sous-titres :
Edition :


    •       Titre original : Au revoir là-haut

    •       Titre international : See You Up There

    •       Réalisation : Albert Dupontel

    •       Scénario : Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d'après le roman éponyme de ce dernier

    •       Direction artistique : Lilith Bekmezian

    •       Décors : Pierre Queffelean

    •       Costumes : Mimi Lempicka

    •       Photographie : Vincent Mathias

    •       Étalonnage et colorisation : Lionel Kopp et Natacha Louis2

    •       Son : Jean Minondo, Gurwal Coïc-Gallas et Cyril Holtz

    •       Montage : Christophe Pinel

    •       Musique : Christophe Julien3

    •       Production : Catherine Bozorgan

    •       Sociétés de production : Stadenn Prod. et Manchester Films ; Gaumont et France 2 Cinéma (coproduction)

    •       Société de distribution : Gaumont

    •       Pays d'origine : France

    •       Langue originale : français

    •       Budget : 19 750 000 euros4

    •       Format : couleur

    •       Genre : comédie dramatique

    •       Durée : 115 minutes

    •       Dates de sortie : 25 octobre 2017

Distribution

    •       Albert Dupontel : Albert Maillard

    •       Laurent Lafitte : Henri d’Aulnay-Pradelle

    •       Nahuel Pérez Biscayart : Édouard Péricourt

    •       Niels Arestrup : Marcel Péricourt, le père d'Édouard et de Madeleine

    •       Émilie Dequenne : Madeleine Péricourt, la sœur d'Édouard

    •       Mélanie Thierry : Pauline, la bonne des Péricourt

    •       Heloïse Balster : Louise, la gamine

    •       Michel Vuillermoz : Joseph Merlin

    •       André Marcon : l’officier gendarme

    •       Philippe Uchan : Labourdin, le maire du 8e arrondissement de Paris

    •       Kyan Khojandi : Dupré, le collaborateur d'Aulnay-Pradelle

    •       Carole Franck : sœur Hortense

    •       Philippe Duquesne : le gendarme de la gare

    •       Gilles Gaston-Dreyfus : le maire

    •       Frédéric Épaud : le livreur des catalogues

    •       Frans Boyer : l’officier de la Côte 113

    •       Axelle Simon : Madame Belmont

    •       Bing Yin : le Chinois

    •       Travis Kerschen (en) : Arnaud Dulac-Fennel

    •       Nicolas de Lavergne : le stomatologue

    •       Grégoire Foessel : un soldat

    •       Jonathan Louis : le serveur de champagne

    Le roman obtient les prix suivants :

     Prix Goncourt 2013

    Prix des libraires de Nancy Le Point, 2013

    Roman français préféré des libraires à la rentrée, 2013

    Meilleur roman français 2013 décerné par le magazine Lire

    Prix roman France Télévisions 2013

    Coup de cœur 2014 de l'Académie Charles-Cros pour sa version livre-audio8

    Prix Tulipe du meilleur roman français 2014

    Premio letterario internazionale Raffaelo-Brignetti 2014

    Nommé aux Globes de Cristal 2014 dans la catégorie Meilleur Roman-Essai.