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affiche Arrêtez-moi là

Arrêtez-moi là

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Un film de Gilles Bannier ,
Avec Reda Kateb, Léa Drucker, Gilles Cohen,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h34
France

En Bref

Samson Cazalet est un homme ordinaire, sans histoire. Sa vie étire son fil sans surprise, entre sa copine, son chat Gerswhin et son taxi. Un jour, une course banale se transforme en cauchemar. Pourtant, rien n’annonçait le premier pas en enfer avec cette cliente chargée à l’aéroport, pour une longue course à Grasse. Peut-être n’aurait-il jamais dû pénétrer dans la maison pour un peu de monnaie ? Peut-être n’aurait-il jamais dû utiliser les toilettes et sa fenêtre ouverte ? C’est ici, dans ces gestes du quotidien que tout bascule.

Il s’attendait à un week-end tranquille avec sa petite amie. Quand il passe reprendre ses affaires pour la rejoindre, ce n’est pas le facteur qui sonne à la porte. C’est la police et le début d’une longue cohorte d’emmerdes. L’interrogatoire le fait passer de simple témoin à coupable d’enlèvement. La garde à vue, les menottes, les amis s’éloignent, la danse du désespoir entame sa symphonie de douleur. C’est facile quand le hasard vous tire au mauvais sort, vous pointe du doigt comme un coupable idéal. Le cauchemar s’emballe, ouvre la porte au procès et son verdict annoncé. C’est les témoins peu crédibles, des pistes que l’on ne suit pas. C’est un innocent que l’on n’écoute pas.


Reda Kateb continue de nous étonner en prenant des risques. Il se met souvent en danger dans des rôles peu conventionnels. Ils lui permettent de montrer la large palette d’un acteur de plus en plus prometteur. Il donne toute sa force et son relief à ce personnage de Samson au nom prédestiné, comme le bourreau ou pour le réalisateur, sans son, sans voix. La partition se joue sur des regards, des silences où il s’emprisonne peu à peu. Il a beau hurler son innocence, les preuves le désignent à la vindicte et personne ne le croit. Le destin se ligue contre lui, l’entrainant peu à peu au fond de la mare où il risque de se noyer.

C’est donc par ce jeu du corps et des regards que ce cri d’innocence passe. Le réalisateur prend le choix d’un type que nous savons innocent dès le départ et que la société désigne comme coupable. Le film se concentre sur la machine judiciaire à broyer, ignorant ses contradictions, aveugle jusqu’au bout. C’est la longue descente en enfer à travers les méandres de la justice. Il devient l’enjeu et l’unique sujet de la narration. Du bureau des inspecteurs, de la garde à vue prolongée aux preuves accumulées par le hasard, ils construisent un coupable parfait. Même reconnu innocent, la loi ne s’arrête pas là. La justice aveugle, persuadée de son bon droit comme le rocher déboulant la pente, suit son erreur. Même lorsqu’un flic à la retraite fait des recoupements et remet en doute la culpabilité, elle fait la sourde oreille.

Paradoxe, une fois  son innocence reconnue, Samson devra repasser en procès pour valider son innocence. Le réalisateur s’intéresse à tous ces rouages qui brisent un homme dans une aberration monstrueuse. La question de la confiance en la justice devient l’un des points centraux du récit. La mise en scène se rapproche de ce nouveau courant, entre fiction et documentaire, quand la réalité ressemble au cinéma. Dans ce regard proche du documentaire, il s’écarte toutefois pour un happy end qu’il assume, mais qui nous surprend. De la même manière, le film s’enferme dans son sujet et pourrait rebuter certains spectateurs. Une deuxième piste en parallèle sur la traque du coupable ou un regard sur le coupable vivant en toute innocence n’aurait pas nui au récit.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85
Langues Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres :
Edition : Eurotropical


    Titre : Arrêtez-moi là

    Réalisation : Gilles Bannier

    Scénario : Gilles Bannier et Nathalie Hertzberg d'après l'œuvre de Iain Levison

    Musique : Siegfried Canto et Hervé Salters

    Montage : Peggy Koretzky

    Photographie : Alain Marcoen

    Costumes : Laure Villemer

    Décors : Philippe Van Herwijnen

    Producteur : Anne Derré et Agathe Berman

        Coproducteur : Sylvain Goldberg, Serge de Poucques, Adrian Politowski, Gilles Waterkeyn et Nadia Khamlichi

    Production : Legato Films

        Coproduction : Nexus Factory et UMedia

    Distribution : EuropaCorp Distribution

    Pays d'origine : France

    Durée : 94 minutes

    Genre : Drame

    Dates de sortie : 6 janvier 2016

Distribution

    Reda Kateb : Samson Cazalet

    Léa Drucker : Louise Lablache

    Gilles Cohen : Maître Portal

    Erika Sainte : Elisabeth Ostrovsky

    Themis Pauwels : Mélanie Lablache

    Stéphanie Murat : Maître Hélène Lafferière

    Luc-Antoine Diquéro : le flic en bleu

    Quentin Baillot : le flic en rouge

    François Chattot : le président de la cour d'assises

    Julia Piaton : le juge d'instruction

    Cosme Castro : Herrero

    François Caron : l'avocat général

    Barbara Bolotner : l'employée de la SPA