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affiche Amour et Turbulence

Amour et Turbulence

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Un film de Alexandre Castagnetti,
Avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos, Jonathan Cohen,

Genre : Comédie romantique
Durée : 1h36
France

En Bref

Sceptique de nature, quand on voit débarquer la dernière comédie romantique française, Amour et Turbulences, réplique parfaite de ses homonymes outre-Atlantique, avec à la barre un réalisateur absent depuis 10 ans avec un seul navet au compteur (L’Incruste, fallait pas le laisser entrer), aux commandes le trublion cynique du PAF Nicolas Bedos et à l’exécution, la non moins charmante mais peu taillée pour la comédie Ludivine Sagnier, on est forcé de manifester une certaine méfiance.

Méfiance entérinée à la vue de son titre et de son postulat si prometteur : Alors qu'un avion la ramène de New-York à Paris où elle s'apprête à se marier, Julie se retrouve assise à côté d'Antoine, un séduisant débauché qu'elle a aimé 3 ans plus tôt. Elle va tout faire pour l’éviter alors qu'il compte sur ces 7 h de vol pour la reconquérir. L'occasion pour nous de voyager dans le passé et de revivre leur rencontre, leur amour, leur rupture, autant de scènes rocambolesques, romantiques et corrosives qui vont faire de ce voyage le plus bouleversant de leur vie.

Mais comme dit le vieux dicton : « quand on s’attend au pire, on n’est jamais déçu » (ou quelque chose comme ça), et ça s’applique complètement dans ce cas présent. Amour et Turbulences, c’est à l’origine Stand by love, un scénario américain acquis par les producteurs de Castagnetti, par ailleurs ravi de mettre en scène le projet, étant lui-même fana de rom-com. Sauf que ce n’est pas tant Castagnetti qu’on retiendra à la tête de la besogne mais bien Nicolas Bedos.


Arrivé très tôt dans le projet, l’arrogant des plateaux télé exige de remanier le script à sa sauce de façon à coller trait pour trait à son naturel misogyne et vulgaire. L’ingérence manifeste de son interprète accouche sur un autoportrait néo-beauf détestable à la façon de 99 Francs, L’amour dure trois ans ou Les Infidèles, qui se complait dans une rédemption toujours maladroite. Pourtant, c’est bien dans cette partition brute que le comédien fait des étincelles. Flanqué d’un sourire féroce en coin et d’un regard torve, Bedos badine, rit de ses blagues et arrive à embrouiller la belle Julie, et avec elle une grande partie des spectateurs.

Fort heureusement, l’humour l’emporte sur la vanne vacharde et même si on ne sort jamais du catalogue de personnages et des situations typiques approuvés par la comédie romantique, on trouve quand même matière à rire, notamment grâce aux voisins de siège dans l’avion et aux répliques acérées que s’envoient les deux ex-amants en pleine figure.

On retient surtout un Jackie Berroyer intrusif à souhait et Michel Vuillermoz en steward revêche qui choisi rapidement son camp. Si le casting est dans l’ensemble plutôt bien trouvé, on regrettera les rôles très stéréotypés et approximatifs d’Hugo, le pote en galère interprété par Jonathan Cohen et celui de la mère maniacodépressive anti-homme brillamment composé par Clémentine Célarié. Mais les quelques lacunes du scénario sont souvent comblées par la mise en scène discrète mais efficace d’Alexandre Castagnetti qui trouve de jolies transitions et dynamise habillement les scènes dans la carlingue par des flashbacks en miroir et des travellings horizontaux.

Enième comédie du remariage à la française, Amour et Turbulences n’échappe pas aux innombrables clichés du genre qui sonnent toc, à sa fin rocambolesque souvent improbable et à cet indécrottable besoin de donner le beau rôle à l’impudent, dans lequel Bedos excelle avec son air de ne pas y toucher. En ressort une comédie certes téléphonée mais savoureuse dont on prend plaisir à suivre le déroulement. Par contre, les anti-Bedos peuvent passer leur chemin tant l’interprète principal a la main mise sur le projet, et ce n'est qu'un doux euphémisme.

Eve BROUSSE

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : Audiodescription (pour malvoyants) Français Dolby Digital, 2.0 et 5.1
Sous-titres : aucun
Edition : Universal vidéo

Bonus : Scènes coupées (12')
Making of (11')
Bêtisier (7')