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affiche American Nightmare (-12 ans)

American Nightmare (-12 ans)

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Un film de James DeMonaco ,
Avec Ethan Hawke , Lena Headey, Max Burkholder ,

Genre : Horreur
Durée : 1h25
États-Unis

En Bref

La société de production Blumhouse Pictures (Insidious, The Bay, Paranormal Activity 1-4) a encore frappé fort dans le genre petit-film-concept-sans-prétention-qui-cartonne avec son dernier né, American Nightmare (The Purge en VO). En effet, l’arriviste a déjà amassé un petit pécule de 40 millions de dollars outre-Atlantique avec une mise de départ de 3 millions. Ce succès surprise pour un « Rated R » (interdit – 17 ans) n’est pas dû à son unique force anxiogène mais surtout à son propos qui a manifestement touché un point sensible dans un pays englué dans sa constitution et ravagé par le chômage et la crise économique.

Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.


Voici donc la solution présentée par James DeMonaco pour vivre apaisé 364 jours par an : une nuit de déchainement collectif, une purge bien méritée durant laquelle le citoyen modèle et dominant libère ses instincts primaires et toute sa haine afin de vider les rues de la vermine, bien incapable de se protéger. Le gouvernement a en effet trouvé la solution à ses maux récalcitrants, le chômage, la misère et la délinquance en fermant les yeux 12 heures durant et en laissant chacun faire sa loi. De ce postulat aussi intéressant que perturbant, DeMonaco (scénariste d’Assaut sur le central 13 et réalisateur de Little New York) réalise un thriller-épouvante à glacer le sang, une satire sociale d’une violence aussi flagrante que suggérée, où l’hémoglobine laisse place à une chasse à l’homme et une home-invasion pétrifiante menée par des bourreaux proches du duo formé par Michael Pitt et Brady Corbet dans Funny Games.

Après un générique sur fond de musique classique, emprunté à L’Armée des morts, DeMonaco nous insère au sein d’un quartier banlieusard américain typique, net et sans tâche, où les voisins s’offrent des petits gâteaux et où la réussite est placardée sur les façades des maisons. Tous les habitants du quartier se préparent alors pour la purge qui débute le soir même, s’échangent des « Soyez épargnés » hypocrites et déposent un vase de fleurs bleues devant leur maison en témoignage de leur soutien à la purge. Dés les premiers plans, la caméra de DeMonaco va chercher l’expression au plus près et capte les expressions des visages par des plans rapprochés perturbants. Le réalisateur va d’ailleurs prouver son excellente gestion de l’unité de lieu en truffant sa réalisation de petites trouvailles brillantes : recours à la caméra de surveillance et au robot-vidéo pour des points de vue toujours plus angoissants. Egalement scénariste de la besogne, DeMonaco se pose une multitude de questions autour du rôle de ces Pères fondateurs 2.0 dans cette société américain prédestinée à ce capitalisme ultralibéral. Il prend plaisir à jouer avec les vanités humaines et va plonger au plus profond des recoins sombres de l’âme humaine. Un humain perverti par le culte de l’autodéfense, par l’ultra-violence et par le principe d’appartenance.

American Nightmare renoue avec l’horreur populaire des années 70 qui fait face aux travers d’une époque et trouve une connotation et une résonnance politique bienvenue. Si vu dans son ensemble, le long emprunte un déroulement plutôt roublard et perd en crédibilité ce qu’il gagne en spectaculaire, il a le mérite de trancher avec une uniformité décidemment bien installée au sein de l’horreur contemporaine.

Eve Brousse

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Langues Audio : Anglais,Espagnol, Français Dolby Digital 5.1,
Sous-titres : Français
Edition : Universal vidéo

Bonus : aucun