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affiche Amanda

Amanda

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Un film de Mikhael Hers ,
Avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h47
France

En Bref

Les gens ordinaires cachent parfois des histoires extraordinaires portées par les riens du quotidien. David et Sandrine regardent la vie s’écouler à l’aune des jours heureux, bercés par des petits bonheurs doux. Elle s’occupe de sa fille Amanda, jeune pousse en construction qui cherche le chemin vers les terres de demain. Elle donne des cours d’anglais, sans doute pour garder le lien avec une mère partie sans prévenir. David laisse le temps filer comme l’eau du ruisseau entre ses doigts. Il gère des logements, accueille les touristes ou les nouveaux locataires comme Léna. Les jours se parent des couleurs de la fin de l’été, mélancolie qui s’effiloche comme un vieux pull trop porté. C’est dans cette vie qui ne demande qu’à germer, grandir, prendre l’éclat de la joie de vivre à deux que le drame explose. Un pique-nique ordinaire et la mort, au nom de quoi, de qui, emporte les espoirs de se construire avant de s’effacer. David se retrouve seul avec Amanda sans Sandrine, cette sœur à qui l’on pouvait s’amarrer comme un navire perdu. Il va falloir choisir et assumer un horizon au soleil voilé. Il reste la question d’Amanda, petite fille qui n’a rien demandé, broyée par l’horreur de l’actualité.


Mikhael Hers apparaît avec ce troisième long métrage, surtout après Ce sentiment de l’été, comme le réalisateur de la mélancolie et de l’errance. Il se révèle dans son premier, Memory Lane, confirmé dans Ce sentiment de l’été. David et Amanda deviennent le cœur du récit, entre la mort et la quête d’une vie sans horizon. C’est l’allégresse des jours ordinaires qui éclate sous l’impact d’un drame, ici le bouleversement causé par des terroristes. C’est déjà dans un parc que Sasha s’écroule sans raison. Les lieux sont aussi importants que les personnages, ils déterminent le poids de leurs errances, et de leurs douleurs enfouies qui ne peuvent jaillir. La première partie dévoile une vie simple où chacun tente de construire son petit bonheur, fait de choses humbles.

La lumière est celle de l’été indien, plus proche de l’aube, l’aurore, ligne de frontière entre le jour et la nuit, comme la mélancolie entre la joie et la tristesse. C’est dans cet espace, entre le rien et le tout que se place le cinéma de Mikhael Hers. Les personnages de ses histoires voyagent autant dans leur âme que dans la ville qu’ils parcourent en quête de l’autre perdu. C’est le cas pour Ce sentiment de l’été et pour Amanda. On découvre des lieux souvent inconnus. Ils sont comme un écho  du récit qui se déroule sous nos yeux et envahit notre cœur. Dans Amanda, le parc ressemble au paradis, au Déjeuner sur l’herbe de Manet, transformé en un cauchemar ouvrant sur l’enfer. La caméra, dans un premier temps, regarde ce monde avec un peu de recul pour se resserrer par la suite. Le paysage révèle un décor où le bonheur pouvait trouver sa place, mais pour un temps, marque une empreinte de douleur.

La deuxième question est celle de la filiation aussi bien à travers la jeune Amanda qu’auprès de David et Sandrine. La position du père et de la mère s’annonce plus cruciale dans cette quête de reconstruction quand il n’existe plus aucun port pour le navire pris dans la tempête. C’est sur le fil que le funambule avance pour finir par toucher terre. L’amour, une petite fille sans repère sont bien plus importants pour donner un sens à la mort des êtres chers et à la réédification d’un avenir bercé par leurs souvenirs. C’est vers les vivants et l’espoir que se porte notre attention. Il reste envers les trépassés notre douleur et la promesse de ne pas les oublier.

Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
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La douleur de ceux qui restent. Avec  le sensible et délicat « Amanda », Mikhaël Hers aborde la question du terrorisme  par le biais du deuil et de la reconstruction.  Tout est vu à travers Vincent Lacoste et ses déambulations dans Paris. Rencontre avec l’acteur au récent festival de Sarlat.
Marie-Aimée BONNEFOY
 Amanda est une petite fille de sept ans vivant à Paris avec sa mère Sandrine. Régulièrement, David , le frère de Sandrine, vient les voir. Il a 24 ans. Multiplie les petits boulots et déambule à vélo dans la ville, avec l'insouciance de la jeunesse. Mais Sandrine meurt dans un attentat, lors d’un pique-nique au bois de Vincennes. David, brutalement seul avec sa très jeune nièce, est face à une responsabilité qui l’oblige à devenir adulte…Cinéaste délicat de la mélancolie et du temps qui passe Mikhaël Hers ("Memory Lane", "Ce sentiment de l'été") s'empare du sujet difficile du post attentat en choisissant le versant de l'intime et du quotidien. Vincent Lacoste, en jeune oncle en deuil, est d’une grande justesse.
L’attentat dans un parc, en plein jour, est plausible, hélas, mais inventé. Pour revenir à la réalité, vous-même ou étiez-vous le soir du 13 novembre 2015 ? 
J’habite dans le quartier du Bataclan. J’étais dans un bar. Je suis rentré chez moi en courant comme tout le monde . Mais ma vie n’a pas été  bouleversée. Je n’ai pas eu de victimes dans mon entourage. En revanche, comme tout le monde j’ai vu Paris changer.  C’est desormais une ville sur le qui-vive. La présence des militaires, le rapport aux sollicitations extérieures, aux bruits…tout cela l’a transformée profondément.

C’est pourquoi Mikhaël Hers a voulu faire de Paris post attentats un des personnages du film…

Comme Rohmer, Hers ancre ses films dans les lieux et cela me plait. Ici il a voulu - je le cite-  « capturer quelque chose de la fragilité de la ville, des blessures et de la beauté de l'époque".  D’où mes déplacements à pied ou à vélo, dans les rues et les parcs d’une cité de plein été, meurtrie et mélancolique. Cela n’a pas dû être facile au montage car pour une approche quasi documentaire je pédalais sans figurants, au milieu des gens qui me reconnaissaient et m’interpellaient !
Avez-vous eu peur à la lecture du scénario ?
J’étais effrayé par le rôle. J’ai surtout fait des comédies jusqu’à présent et je ne voulais pas trahir les émotions.  Pour la scène de pleurs à la gare de Lyon, elle aussi sans figuration,  Mikhaël m’a dit la veille « tu vas faire un petit craquage devant tous les passants ». Pas facile, mais c’est le métier. Je n’ai pas besoin de chercher en moi une douleur personnelle. Je n’intellectualise pas. Je pense juste à la situation. Il faut un peu se forcer mais ce n’est pas douloureux de pleurer au cinéma. Je le fais sans problème. Car je suis très facilement ému en tant que spectateur. Dès que je vois une scène d’accouchement par exemple, je suis en larmes. C’est peut-être qu’il faut que j’ai des enfants bientôt. . (Il rit)
Justement votre personnage doit accepter du jour au lendemain de s’occuper d’une petite fille…
C’est ce que j’ai aimé dans le scénario. David doit affronter la disparition de sa sœur et de surcroit accepter quelque chose qui le dépasse totalement : s’occuper au quotidien d’une gamine, devenir brutalement presque père. Au départ, comme mon personnage, je ne savais pas du tout comment me comporter avec Isaure Multrier qui joue Amanda. Alors j’essayais juste d’être délicat pour qu’elle prenne ce métier pour ce qu’il est. De toutes façons les enfants jouent de manière très instinctive comme moi au fond. Je n’ai jamais pris de cours et quand je joue, je ne fais que réagir à la personne qui est en face de moi.

Interview réalisé lors du 27 festival du film de Sarlat.

    Titre original : Amanda

    Réalisation : Mikhael Hers

    Scénario : Mikhael Hers, Maud Ameline

    Décors : Charlotte de Cadeville

    Costumes : Caroline Spieth

    Photographie : Sébastien Buchmann

    Son : Dimitri Haulet, Daniel Sobrino, Vincent Vatoux

    Montage : Marion Monnier

    Musique : Anton Sanko

    Production : Pierre Guyard ; Philip Boëffard et Christophe Rossignon (producteurs associés)

    Sociétés de production : Nord-Ouest Films ; Arte France Cinéma (coproduction)

    Sociétés de distribution : Pyramide Distribution ; Cinéart (Belgique), JMH Distributions SA (Suisse romande)

    Pays d’origine : Drapeau de la France France

    Genre : drame

    Durée : 107 minutes

    Dates de sortie : 21 novembre 2018

Distribution

    Vincent Lacoste : David

    Isaure Multrier : Amanda

    Stacy Martin : Léna

    Ophélia Kolb : Sandrine

    Marianne Basler : Maud

    Jonathan Cohen : Axel

    Greta Scacchi : Alison

    Nabiha Akkari : Raja

    Raphaël Thiéry : Moïse

    Claire Tran : Lydia

    Elli Medeiros : Eve

    Zoé Bruneau : L'assistante sociale

    Lily Bensliman : La journaliste

    Lawrence Valin : Le père indien

    Missia Piccoli : La mère au lycée