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affiche 7 jours à La Havane

7 jours à La Havane

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Un film de Benicio Del Toro, Pablo Trapero, Julio Medem ,
Avec Josh Hutcherson, , Vladimir Cruz, Emir Kusturica ,

Genre : Drame psychologique
Durée : 2H09
États-Unis

En Bref

Une longue balade dans la ville cubaine entre regard tourné vers le touriste, magie noire, politique ou les petits mots du quotidien. Les trois premiers volets sont assez ordinaires, un jeune Américain vu comme un touriste entre soirées chaudes et transsexuels qu’il ne reconnaît pas. Dans le second, Emir Kusturica venu récupérer un prix tape le bœuf avec des musiciens méconnus, mais de qualité. Cécilia, chanteuse que nous retrouverons dans deux autres courts, refuse la vie rêvée des anges en Espagne pour suivre son compagnon en Amérique comme boat people. Nous assistons à un démarrage laborieux et sans grande envergure qui déroule une mise en scène de touriste, comme ses sujets.

7 jours à La Havane devient intéressant avec Gaspard Noé, jouant de la tension et du silence et d’une caméra déjantée. Nous explorons au plus près des corps et des gestes une cérémonie vaudou pour exorciser une jeune lesbienne. Irréalité de la nuit, les ombres glissent sur les flammes du rite, juste un tambour et les bruits environnants, animaux venus du monde des esprits peut-être ? Il utilise l’image pour nous faire comprendre toute la difficulté de l’homosexualité à Cuba. Le prête exorcise le corps pour le ramener à la normale, quelle normalité ?


Dans le suivant c’est Elia Suleiman lui-même qui se met en scène, un peu à la Tati, dans une caméra de l’absurde pour une rencontre politique improbable. Il dénonce aussi l’aspect touristique avec cette photo dans un bar où les touristes se font photographier à côté de la statue d’Hemingway. Vous découvrirez un zoo fantôme, des filles de dos face à la mer, cherchant à rejoindre un ailleurs meilleur peut-être, et toujours en leitmotiv, le discours de Fidel Castro à la télé. Ces deux séquences sont sans conteste les meilleurs moments de ce voyage, touchent à la perfection le cœur de la ville.

Dans le suivant, c’est toute la difficulté de vivre que nous expose son réalisateur. Moins d’ironie que dans le premier mais la situation décalée, une femme obligée de faire des pâtisseries pour survivre entre deux coupures d’électricité. Nous apprendrons plus tard qu’elle est une haute diplômée. Cela ne lui simplifie pas la vie, elle nous offre une séquence surréaliste, l’emprunt des œufs. Cela devient une véritable quête auprès des voisins du quartier. Dans le dernier, la Mama de l’immeuble rêve de faire une fête pour la Vierge. Tous les habitants se mobilisent pour construire une fontaine, faire le gâteau, chercher les éléments à ce moment religieux et festif. C’est jouissif, nous retrouvons la notion de magouilles, de débrouillardise pour négocier, les matériaux, remplacer l’eau par celle de la mer, etc. Les gamins ajouteront une touche finale en pêchant des poissons. Je peux vous dire que la Vierge est heureuse et la fête réussie.

Enfin, le film trouve son rythme, aspire à nous présenter le derrière de la société cubaine. C’est un autre regard que celui du début, plus touristique, ici entre le vaudou et la fête à la Vierge, nous touchons l’âme des Cubains. Nous vous conseillons donc de découvrir ces petites perles, mais auparavant, vous devrez jouer les touristes et supporter le moins bon.

Patrick Van Langhenhoven

Support vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9
Langues Audio : International Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Edition : France Television Distribution

Bonus : Making of (24') Bande-annonce