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affiche Wet Season

Wet Season

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Un film de Anthony Chen,
Avec Yann Yann Yeo, Koh Jia Ler, Christopher Ming-Shun Lee,

Genre : Drame psychologique
Durée : 1h43
Singapour

En Bref

Ling, professeure de chinois dans un lycée de Singapour, consacre son temps à son beau-père et ses élèves. Sa vie de famille est peu reluisante entre un mari absent, un beau-père handicapé et le désir d’enfant. Malgré les échecs, elle tente toujours de donner le jour à un nouveau membre du foyer par fécondation in vitro. Dehors, la mousson couvre la ville d’un voile brumeux et d’un manteau de pluie incessante. La jeune femme ressemble à un fantôme errant, portée par une vie sans saveur qui lui échappe de plus en plus. Un de ses jeunes élèves, Wei Lun, lui apporte un peu de réconfort. Comme sa professeure, le jeune garçon se retrouve seul à la maison pendant que ses parents voyagent pour leur travail. Cette solitude et cette vie creuse les rapprochent et les emportent vers des territoires inconnus. Ling trouve dans le jeune homme le fils qu’elle n’a pas eu. Que cherche Wei Lun dans leur relation ? Dehors, la pluie et les tourments d’une vie qui finit par enfin trouver sa voie changeront tout. Le soleil pourra de nouveau briller sur la campagne et sur les cœurs.


Découvert avec un autre mélodrame, Ilo Ilo, Anthony Chen confirme sa place au sein du cinéma asiatique dans les pas de Hou Hsiao-hsien et Ozu. Il saisit de la même manière l’âme de ses personnages au cœur d’histoires simples sans bruit ni fureur. Dans la première partie, la mise en scène prend son temps pour installer le quotidien de Ling. Elle trace, comme le calligraphe, la vie d’une femme ordinaire en quête de maternité. Celle-ci est une ombre passante, oubliée, épouse soumise, délaissée. Elle erre entre le lycée et son beau-père qu’elle soigne comme une madone, vierge christique sacrifiée. Personne ne voudrait de cette vie à l’horizon bouché par la pluie de la mousson. Yann Yann Yeo traine sa silhouette élégante en devenir dans ce décor d’apocalypse. C’est avec la grâce d’un fantôme qu’elle effleure le récit dans ses premiers instants immortalisés à l’ombre du vide.

La vie du jeune Wei Lun semble tout aussi banale entre le lycée et le concours d’arts martiaux, chorégraphie symbolique du mouvement épousant l’espace vide. Ces deux existences sans heurts s’entrechoquent, se confrontent à l’aune des passions pour s’éveiller au monde. C’est un ballet lent et fragile qui commence. C’est celui de deux cœurs cherchant un rêve, le désir de la maternité chez Ling, les premiers émois de l’adolescence pour Wei Lun. C’est ces deux faces de l’amour qu’explore en profondeur le réalisateur comme ses ainés avant lui. C’était déjà la question qui revenait dans Ilo Ilo. Il retrouve d’ailleurs ses deux acteurs principaux dans Wet Season. Le jeune Koh Jia Ler est recruté sur casting avant que l’on ne s’aperçoive qu’il était dans le film précédent. Anthony Chen ne l’avait pas reconnu ! La mise en scène est soignée, prenant le temps d’installer son atmosphère proche du cinéma contemplatif à la Ozu. Wet Season est l’exemple de ces histoires simples remplies de la grâce du vivant qui nous en disent beaucoup plus sur et dévoilent notre âme.

 Patrick Van Langhenhoven

Note du support : n/a
Support vidéo :
Langues Audio :
Sous-titres :
Edition :


Fiche technique

    Titre original : 热带雨, Rèdài yǔ

    Titre français : Wet Season

    Réalisation et scénario : Anthony Chen

    Direction artistique : Yong Chow Soon

    Photographie : Sam Care

    Montage : Hoping Chen et Joanne Cheong

    Pays d'origine : Singapour

    Format : Couleurs - 35 mm - 2,35:1

    Genre : drame

    Durée : 103 minutes

    Dates de sortie : 19 février 2020

Distribution

    Yeo Yann Yann : Ling

    Jia Ler Koh : Weilun

    Christopher Lee Ming-Shun : Andrew, le mari de Ling

    Shi Bin Yang : le beau-père