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affiche Nuremberg

Nuremberg

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Genre : Ciné région

L'Actu

Nuremberg
Genre : Histoire
Pays : USA  
Durée : 2h28
Réalisateur : James Vanderbilt                                                                                                                           
Acteurs : Russell Crowe, Rami Malek, Michael Shannon

L’exode change de camp, les Allemands se retrouvent sur les routes pour fuir la tempête de feu qui s’abat sur leur pays. C’est dans cette fuite qu’un groupe de soldats arrête le bras droit du régime, Hermann Göring. Cet hiver 1945 marque une date clef de l’histoire de l’humanité. Pour arriver au procès des 22 plus hauts dignitaires du régime encore en vie, le chemin sera long. Les avis sont partagés. Pour les uns, une balle et on n’en parle plus. Pour Robert H. Jackson, juge à la Cour suprême, surnommé Jackson Justice, il est important de juger tous ces hommes.

 Les Alliés vont devoir s’entendre pour monter ce tribunal exceptionnel, chargé de juger la lie de l'humanité incarnée par ces 22 hommes. Il faut mettre en place les infrastructures. Le choix symbolique du lieu, s’arrête sur Nuremberg. On s’accorde pour que commence le 25 novembre un procès retentissant. On mandate Douglas Kelley pour juger de l’état mental de ces hommes, psychopathes, humains ou enfants du diable ? Pour lui, il ne fait aucun doute que malgré l’horreur de leurs actes, ils sont bien des humains. Pour son collègue, Gustave Gilbert, c’est une belle brochette de psychopathes. C’est une des questions traitées par le procès de Nuremberg, tout comme l’ampleur des monstruosités de la Seconde Guerre mondiale.   

« On ne sait de quoi l'homme est capable qu'au regard de ce qu'il a fait »
James Vanderbilt s’inscrit dans les pas de Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer en 1961 et Nuremberg de Nicolaï Lebedev en 2023, dans une nouvelle approche du procès des 22 des principaux responsables encore vivants du Troisième Reich. C’est à travers la figure du psychiatre Douglas Kelley, chargé d’évaluer les prisonniers, que nous rentrons dans ses rouages.

Il servira de base pour construire un tribunal international chargé de juger les crimes contre l’humanité. Jusqu’ici, les dommages-intérêts des pays passaient par des traités comme celui de Versailles. Pour Jackson Justice, il est important que la solution finale passe par un jugement retentissant. Nous découvrons que la chose ne sera pas aussi simple pour monter une Cour internationale de tous les alliés. Dans une mise en scène classique, James Vanderbilt s’intéresse à la partie juridique et à la question humaine des bourreaux nazis.

 Le film ne manque pas de rebondissements que le réalisateur utilise pour donner du rythme au récit s’achevant par un film de procès. Il utilise de nombreux extraits d’images d’archives de l’époque, infos, images de l’armée, pour renforcer un discours toujours d’actualité. L’intérêt réside dans la confrontation, entre Hermann Göring, le bras droit d’Hitler et le psychiatre Douglas Kelley. C’est dans un jeu tendu et subtil entre Russell Crowe et Rami Malek que se joue la tête d’un homme qui ne savait pas.

 Douglas Kelley est obsédé par cette question universelle, monstre ou humain. Le cinéma d'après-guerre a souvent traité le personnage de nazi comme un sombre idiot obsédé par l’eugénisme. Depuis, le visage de la bête retrouve l’idée de Douglas Kelley. Nous avons bien affaire à des hommes capables du pire. Il s’agissait pour ce dernier et Gustave Gilbert de dévoiler la santé mentale des 22 condamnés. Le film nous montre les méfaits du nazisme comme un plan froid et réfléchi et non un débordement de violence, ce qui glace le sang.

Gilbert et Kelley ne sont pas d’accord sur le diagnostic final. Pour Kelley, ce sont des hommes, pour Gilbert des psychopathes. La question posée sous cet angle est le point le plus intéressant du film, résonnant avec notre époque. Est-ce qu'aujourd’hui, nous ne sommes pas si loin de ses hommes devenus des psychopathes ? Le film s’achève par la victoire mitigée de Jackson Justice qui réussit à confondre Hermann Göring. Ce dernier échappera à la pendaison en se suicidant au cyanure, privant le monde de la sentence.

Bien des années plus tard, hanté par ce procès, Kelley se suicidera de la même façon. Nuremberg est un film à voir pour nous rappeler ce « plus jamais ça » qui aurait bien tendance à n’être qu’une utopie. James Vanderbilt réussit un thriller psychologique et historique avec quelques moments forts comme les images des camps insoutenables, et Russell Crowe au meilleur de sa forme.
 
Patrick Van Langhenhoven   
             





Fiche technique

    Titre original : Nuremberg
    Réalisation : James Vanderbilt
    Scénario : James Vanderbilt, d'après The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai (en)
    Musique : Brian Tyler
    Direction artistique : Tibor Lázár
    Décors : Eve Stewart
    Costumes : Bartholomew Cariss
    Photographie : Dariusz Wolski
    Montage : Tom Eagles (en)
    Production : Bradley J. Fischer (en), Istvan Major, Paul Neinstein , Richard Saperstein, William Sherak et James Vanderbilt
    Sociétés de production : Walden Media, WME Independent, Széchenyi Funds, Bluestone Entertainment, New Republic Pictures et Project X Entertainment
    Sociétés de distribution : Sony Pictures Classics (États-Unis), Nour Films (France)
    Pays de production :  États-Unis
    Langue originale : anglais
    Format : couleur
    Genre : drame historique, thriller
    Durée : 148 minutes
    Dates de sortie : 28 janvier 2026
   

Distribution

    Russell Crowe : Hermann Göring
    Rami Malek : Douglas Kelley
    Leo Woodall : le sergent Howie Triest
    John Slattery : Burton C. Andrus (de)
    Mark O'Brien : John Amen
    Richard E. Grant : David Maxwell Fyfe
    Michael Shannon : Robert H. Jackson
    Colin Hanks : Gustave Gilbert
    Peter Jordan : Karl Dönitz
    Wrenn Schmidt : Elsie Douglas
    Lotte Verbeek : Emmy Göring
    Andreas Pietschmann : Rudolf Hess
    Steven Pacey (en) : George C. Marshall
    Paul Antony-Barber (en) : Francis Biddle
    Wolfgang Cerny (en) : Baldur von Schirach
    Donald Sage Mackay : J. William Fulbright
    Dieter Riesle : Julius Streicher
    Mesterházy Gyula (hu) : Erich Raeder
    Sam Newman : Alben W. Barkley
    Tom Keune (de) : Robert Ley
    Michael Sheldon : le juge Geoffrey Lawrence
    Fleur Bremmer : Edda Göring

 Crédit : Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics