Marty Supreme
Genre : Biopic
Pays : USA
Durée : 2h30
Réalisateur : Josh Safdie
Acteurs : Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion
Marty est un vendeur de chaussures doué, capable de refourguer n'importe quelle paire d’escarpins. D’ailleurs, son oncle, patron de la boutique, le verrait bien prendre la relève. Marty a un autre rêve que ce boulot provisoire. Seul pongiste des États-Unis, il se verrait bien champion du monde. Il entretient une relation avec Rachel Mizler, son amie d’enfance, mariée et bientôt enceinte de leurs ébats. Marty se livre à un tas de petites combines, qui ne mènent souvent qu’au chaos, pour atteindre son objectif. Pour l’instant, il lui faut une certaine somme pour disputer au Japon le championnat du monde de ping-pong.
Après une défaite face au nouveau champion japonais, il veut sa revanche. Le petit est doué et pourrait bien remporter l’affaire si un tas d'obstacles volontaires ou involontaires ne jalonnaient sa route. Il est prêt à séduire une star de cinéma dont le mari pourrait bien être son sponsor. Il ne recule devant rien pour que son rêve illumine sa vie. Est-ce qu’il réussira à embarquer pour le Japon, pour se confronter à son adversaire d’hier et sa raquette magique ? C’est dans une course folle, mâtinée de petites combines, à l’image de Forrest Gump, que Marty court, court...
« Éternellement jeune, je veux être éternellement jeune. Veux-tu vraiment vivre toujours ? »
À l’image des réalisations avec son frère, mais cette fois en solo, Josh Safdie nous propose un film débridé filant comme une balle, à toute vitesse, vers son destin. Timothée Chalamet endosse le costume de Martin Reisman, champion de ping-pong de la fin des années 40 à 60. Il refuse de jouer avec les nouvelles raquettes couvertes de mousse, comme Marty, face au champion japonais équipé de la sorte. Comme Marty, il joue pendant la tournée des Harlem Globe-Trotters, tout comme les paris et petites arnaques pour se faire de l’argent.
Timothée Chalamet est parfait dans le personnage de l’Aiguille, surnom donné à Martin Reisman à cause de sa maigreur. Le spectateur est embarqué dans une course folle qui s’achève avec le retour de Marty au pays pour une vie plus calme. La mise en scène de Josh Safdie est à l'image du film, virevoltante, sans temps morts, avec de nombreux plans exceptionnels au cadrage inventif, jouant de la lumière et des lieux souvent restreints ne pouvant retenir cette balle en pleine course.
Les seconds rôles renforcent cette version picaresque d’une vie s’émancipant du destin d’un petit Juif vendeur de chaussures pour voir plus grand. Si Timothée Chalamet crève l’écran, Odessa A’zion, dans le rôle de Rachel, se révèle remarquable. C’est un film sur le sport et l’argent. Le talent ne suffit pas si l’athlète n’accepte pas les compromis, souvent loin de l’esprit sportif. C’est tout un univers aux rapports de forces menés par les biftons verts, limite malsains. À l’image du vrai Martin Reisman, Marty reste fidèle à sa ligne de vie, même si parfois il la franchit pour arriver à son but.
Il refuse la raquette en mousse pour rester dans un rapport au jeu pur des origines. Nous pensons forcément au dopage et autres magouilles pour gagner et non plus jouer. C’est un film sur le sport comme émancipation d’une vie ordinaire que l’on refuse. C’est aussi un regard sur un jeune homme plein d’énergie, sans compromis, qui n’abandonne pas son rêve. Il y a cette volonté de réussir et de laisser un nom qui rejoint le rêve américain, aujourd’hui bien compromis. Marty refuse une petite vie étriquée, ordinaire, pour voir plus grand. Il ne lâche rien pour aboutir, avec un choix cruel à la fin : se compromettre ou pas.
Patrick Van Langhenhoven
Fiche technique
Titre original : Marty Supreme
Réalisation : Josh Safdie
Scénario : Ronald Bronstein et Josh Safdie
Musique : Daniel Lopatin
Décors : Jack Fisk
Costumes : Miyako Bellizzi
Photographie : Darius Khondji
Montage : Ronald Bronstein et Josh Safdie
Production : Ronald Bronstein, Eli Bush, Timothée Chalamet, Anthony Katagas et Josh Safdie
Coproduction : Samson Jacobson et John Paul Lopez-Ali
Sociétés de production : A24, Elara Pictures et IPR.VC
Sociétés de distribution : A24 (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France)
Pays de production : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur / noir et blanc (certaines scènes) — 2.39:1 — 35 mm, 70 mm (gonflage), DCP — Dolby Atmos
Budget : 70 millions de dollars
Genre : comédie dramatique, sport
Durée : 150 minutes
Dates de sortie : 18 février 2026
Distribution
Timothée Chalamet (VF : Gauthier Battoue) : Marty Mauser
Gwyneth Paltrow (VF : Elisabeth Ventura) : Kay Stone
Odessa A'zion (VF : Rebecca Benhamour) : Rachel Mizler
Kevin O'Leary (VF : François-Éric Gendron) : Milton Rockwell
Tyler Okonma (VF : Stevie Tomi) : Wally
Abel Ferrara (VF : Hervé Bellon) : Ezra Mishkin
Fran Drescher (VF : Marie Vincent) : Rebecca Mauser
Sandra Bernhard : Judy
Luke Manley (VF : Christophe Lemoine) : Dion Galanis
John Catsimatidis : Christopher Galanis
Isaac Mizrahi : Merle
Emory Cohen (VF : Alexis Ballesteros) : Ira Mizler
Géza Röhrig (VF : Miglen Mirtchev) : Bela Kletzki
Larry "Ratso" Sloman (VF : Jacques Bouanich) : Murray Mauser
Ralph Colucci : Lloyd
Koto Kawaguchi (en) : Endo
Pico Iyer (VF : Jean-Bernard Guillard) : Ram Sethi
George Gervin : Lawrence
Ted Williams : Ted
Spenser Granese : Clark
Penn Jillette : Hoff
Philippe Petit : le maître de cérémonie bruxellois
David Mamet (VF : Philippe Crubézy) : Glenn Nordmann
Fred Hechinger : Troy
Levon Hawke : Christian
Isaac Simon : Roger
Hailey Gates : Trish
Mitchell Wenig : Mitch
Tracy McGrady : un globetrotteur
Kemba Walker : un globetrotteur
Naomi Fry : l'assistante de Kay Stone
Ronald Bronstein : la voix du téléphone de Blarney Stone
Ray Tintori : caméraman de Wembley
Paul Grimstad : directeur de production théâtrale
Robert Pattinson : caméo vocal
Timo Boll : Vladimir Sebek