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affiche L'Homme de Kansas City

L'Homme de Kansas City

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Genre : Ciné région

L'Actu

L'Homme de Kansas City
Genre : Western
Pays : USA   
Durée : 1h34
Réalisateur : Edwin L. Marin                                                                                                                           Acteurs : Randolph Scott, Bill Williams, Victor Jory

Cette histoire commence par un vent de vengeance. Au cours du massacre célèbre de la ville de Lawrence, Jim Dancer pense tuer l’assassin de son frère devant sa fille. Il quitte la bande de Quantrill et son ami Jesse James recherché pour ce meurtre, épée de Damoclès qui le marque à jamais. Il finit par se faire prendre par un détective pugnace de Pinkerton, George Cummings. Ce dernier lui révèle qu’il s'est trompé de cible en tuant le mauvais frère, tout aussi ignoble. La chance semble ne pas avoir quitté Dancer. Grâce à une tempête et une noyade, il se fait passer pour George Cummings, mort d’un coup de sabot.

 Il fait la connaissance du joueur Dave Oldham et de la tenancière de saloon Florence Peel. Ils savent qu’il ment mais ne contrediront jamais son discours. Une forte amitié les lie. C’est l’occasion de changer et de laisser derrière lui un passé trouble. Jim Dancer devient le shérif idéal pour la petite ville de Lanyard et tous ces cow-boys et leurs troupeaux indociles. Il devra faire face à Bert Slocum qui tente de mettre la main sur la ville et les terres alentour. C’est bien ce dernier qui a tué son frère. Est-ce que l’heure de la vengeance a sonné ? Combien de temps, Jim Dancer pourra se cacher derrière George Cummings ? C’est autant de questions qui pourraient bien rallumer le feu des représailles.



Le film s’ouvre sur un fait important de la guerre de Sécession. Quantrill et ses bushwhackers lancent une expédition punitive sur la ville de Lawrence. Jim Dancer, voulant sauver une jeune fille, tue son père pour venger la mort de son frère. L’homme de Kansas City va donc nous emporter à travers différents genres du western, entre histoire et fiction. La vengeance, tout comme la figure du shérif, est un des thèmes récurrents du western à une époque où les terres vierges du Kansas et d’ailleurs attiraient pas mal de convoitises. Nous retrouverons aussi la figure du riche propriétaire, déjà avide de pouvoir et de richesse. En un peu plus d’une heure trente, le spectateur ne s’ennuie pas dans un récit aux multiples rebondissements. Dans la seconde partie, un détective capture Jim qui prendra sa place, suite à un accident et une noyade.


Est-ce que le western est un genre manichéen entre la figure du hors-la-loi, du shérif et autres justiciers, à l’image du chevalier blanc défendant la veuve et l’orphelin ? On pourrait le croire, mais l’analyse nous démontre que cette vision du début va très vite se colorer de gris. C’est le cas de L'Homme de Kansas City. Le héros passe de la figure d’un mauvais garçon qui n’accepte pas tout à celle du shérif vêtu de noir mais au cœur blanc, protecteur de la ville et de ses citoyens. Gravite autour de celui-ci d’autres figures qui se teinteront de gris au fur et à mesure du récit. C’est la jeune nièce du riche propriétaire, la tenancière du clandé, le joueur de cartes, le jeune avide de gloire. C’est une histoire de résilience comme le genre en portera souvent, d’un homme qui fut un temps hors la loi et finira par la défendre.

Edwin L. Marin est un réalisateur élégant, soignant sa mise en scène classique aux cadres et à la lumière dignes d’un grand western.
Le film en couleurs nous est parvenu en version noir et blanc, sans que cela ne gêne. Le réalisateur, souvent cantonné à la série B et passé dans l’oubli, est l’objet d’une mise en avant dans les bonus par Noël Simsolo. Il contribue, avec ce film, à façonner le personnage de Randolph Scott. Randy est parfois comparé à Gary Cooper pour sa silhouette et son physique. Il régnera sur la série B et le western pendant de nombreuses années. Il jouera aussi dans tous les genres, de la comédie au polar.

Il crée ce héros flegmatique, monolithique, taiseux, une montagne imperturbable aux tempêtes. Il jouera chez les plus grands et finira sa carrière en remisant son étoile de shérif pour rejoindre d’autres prairies avec Sam Peckinpah dans Coups de feu dans la Sierra. L'Homme de Kansas City est un film qui mérite qu’on le redécouvre, tout comme son réalisateur et son acteur principal qui fut longtemps, avec John Wayne, une des idoles du western.

Patrick Van Langhenhoven


    


DVD
Distributeur Sidonis
Vidéo :  1.37 16/9
Son : Anglais dolby 5,1
Sous titres : Français
Sortie Vidéo : 16 mars 2026
Bonus :
Présentation par Noël Simsolo (VF – 16'03 mn)
Cette présentation passionnée contient des spoilers. Elle met surtout en valeur le réalisateur Edwin L. Marin, incontournable dans la carrière westerne de Randolph Scott.



Fiche technique

    Titre français : L'Homme de Kansas City
    Titre original : Fighting Man of the Plains
    Réalisation : Edwin L. Marin
    Scénario : Frank Gruber, d'après son roman
    Musique : Paul Sawtell
    Directeur de la photographie : Fred Jackman Jr.
    Direction artistique : George Van Marter
    Décors de plateau : Al Orenbach
    Costumes : Maria Donovan
    Montage : Philip Martin
    Société de production : Nat Holt Productions
    Société de distribution : 20th Century Fox
    Genre : Western - Couleur (Cinecolor) - 94 minutes
    Date de sortie : 16 novembre 1949 Etats Unis

Distribution

    Randolph Scott : Jim Dancer
    Jane Nigh : Florence Peel
    Victor Jory : Dave Oldham
    Bill Williams : Johnny Tancred
    Barry Kelley : Bert Slocum
    Joan Taylor : Evelyn Slocum, la nièce de Bert
    Rhys Williams : le juge Chandler Leach
    Douglas Kennedy : le procureur Ken Vedder
    James Millican : George Cummings
    Berry Kroeger : Cliff Bailey
    Paul Fix : Yancey
    Dale Robertson : Jesse James
    James Todd : Hobson
    Burk Symon : Milo Meeker
    J. Farrell MacDonald : Partridge
    Harry Cheshire : Charles Lanyard
    James Griffith : William Quantrill
    Herbert Rawlinson : l'avocat
    John Hamilton : le juge Lee Currier
    John Halloran : Harmer
    James Harrison : Slattery
    Charles Evans (non crédité) : le banquier Carter Bullock
    Byron Keith (non crédité) : Jonas
    Jack Kelly (non crédité) : un vacher
    Hank Mann (non crédité) : un serveur au saloon
    Kermit Maynard (non crédité) : un employé de Slattery (+ cascadeur)