36e festival du cinéma américain Deauville jour 2
Nous prenons le rythme du festivalier, levés tôt, le bord de mer défile sous nos yeux.
Des villas où des vies jouent les drames, les joies de chaque jour. Souvent je m’interroge sur ces parcelles d’existence au cœur de ces maisons que je ne connaitrai jamais. Je ne soupçonnerai sans doute jamais les enjeux de chacun au cœur de ces pièces silencieuses, éclairées par le soleil qui peint en rouge l’horizon bleu de l’océan. Je file, comète passagère, sans trace.
Cessons de philosopher, de postuler sur d’hypothétiques utopies, morceaux de vie. Ils ne sont peut-être que de brefs bonheurs ignorants, sourds au chaos du monde. Mais revenons au premier film de la journée Every Day, une histoire de famille simple et banale. La vie de Ned se retrouve bousculée par l’arrivée du père, sa femme en bout de piste. Pendant ce temps, son fils découvre l’homosexualité, après un come back. Il réalise des scénarios pour des sitcoms et hésitera entre sa famille ou/et sa collègue bien gironde. Le film, d’une facture assez classique, nous interpelle sur nos choix. Sont-ils les bons ? Aurions-nous tendance à fuir dès qu’arrive la tempête ? Là encore, nous nous sommes tous posé la question à un moment ou un autre, une occasion, un silence de trop, rester ou partir…
Nous remarquons que les femmes sont omniprésentes et souvent plus fortes que les mâles rutilants ! Elles doivent souvent porter le poids du foyer, entre la douleur et une route à parcourir quoi qu’il arrive. Ces femmes de cinéma, ces nouvelles femmes de notre vie, ne fuient pas. Elles assument, alors qu’à l’inverse, les mecs auront tendance à se débiner.
Two Gates of Sleep : Deux frères devront parcourir une route initiatique pour mener le corps de leur mère à l’arbre de vie. Film contemplatif qui nous interroge sur le cinéma. Il ne fait aucun doute que certains sujets demeurent difficiles d’abord et demandent une certaine démarche, celui-ci en particulier. Cela veut-il dire qu’il faut, comme certains, réduire le cinéma à deux camps, noir et blanc, bon et mauvais, c’est stupide et réducteur. Le cinéma ressemble à la vie, ni noir, ni blanc, ni gris…
Dernier film, Abel, un enfant, se prend pour le père de la famille. Diego Luna, le réalisateur, semble heureux de découvrir une salle pleine et une conférence motivée, aux questions intelligentes. Là encore, un père fuit ses responsabilités.
Et demain, d’autres vies viendront agrandir notre tour d’horizon du monde du cinéma et de « l’IRL » comme disent mes amis joueurs. Demain, comme le dit le poète, est un autre jour.
Patrick Van Langhenhoven
Les photos sont de "Thierry Vaslot (ACR)" www.cine-zoom.com
Ouverture :Gad Elmaleh -1 Chace Crawford -2 Thomas Dekker- Greg Araki- Roxanne Mesquita



