36e festival du cinéma américain Deauville 4
La mer joue une symphonie de bleu et de lumière où viennent se perdre les goélands criards, petites vies de plumes qui s’élancent et dansent sur les flots couleur azur.
C’est toujours la même histoire, celle de nos existences qui dansent, se rient du temps qui passe et finit par tout emporter avec lui dans ce grand trou sombre final où nous chercherons une lumière blanche.

“Love and other impossible pursuits” une histoire d’enfant mort trop tôt, d’amour et de trahison, de couple recomposé. Parfois les films tournent en rond, se cherchent, se croient diamant mais deviennent poussières. Les larmes, les douleurs ne nous accrochent pas. En avons-nous trop vu, trop subi, avons-nous été trop brisés par ces petites lucioles, ces parures qui laminent notre passé et cassent nos désirs d’avenir? Non, parfois les films ne savant plus parler, plus nous interpeller, c’est le cas de celui-ci.
Sur un thème un peu identique, celui du désir d’enfant, “Mother and Child” nous relie de nouveau avec notre thème, avec nos interrogations. Une mère abandonne son enfant à 14 ans, trop tôt pour accompagner une vie. Des années plus tard, cette douleur continue de la ronger, de la briser. Elle ne peut rien construire, le poids de la faute est trop lourd. Pourtant donner la vie était une chose si belle ; le miracle des anges, mais jamais une faute. En même temps un couple cherche à adopter un bébé, qu’une mère abandonnera à une autre. “C’est le temps que nous passons ensemble qui nous construit, plus que nos racines” Troisième histoire, nous suivons la vie de la jeune fille abandonnée du début. Elles finiront par se rejoindre et nous interpeller sur ce désir d’enfant.

Suivent deux films “The Myth of the american sleepover” un documentaire sur les soirées pyjamas des jeunes américains, mais en aucun cas un film. Lucie, une autre journaliste, trouve que c’est un film d’ambiance, moi je la cherche toujours. Puis le chaos, le boxeur à terre, trop c’est trop ! Je déclare forfait, je jette l’éponge, je sors 10 mn avant la fin. “Les Impérialistes existent toujours” sur fond d’art expérimental, une histoire de paranoïa liée au terrorisme.
Parfois les films ne savent pas où se situer ; ni film sur l’art nouveau, ni film sur la phobie américaine du complot, rien, nada, le néant, le vide.
Il me reste ce soir « Fair game »pour tenter de remonter dans les cordes, de rejouer la partie, sinon je crains que demain ne soit un game over…
Aurore Van Langhenhoven
Les photos sont de "Thierry Vaslot (ACR)" www.cine-zoom.com



